‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 47 sur 115 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

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L'abbé de Chftteaaneuf partit de Paris dans les premiers jours de mars avec le comte de Towîenski.

Pendant tout le mois de février, les choses étaient restées en Pologne dans le même état ; Tabbé de Polignac craignait toujours que la réduction qu'il allait se trouver forcé de faire dans ses promesses n'enlevât au prince de Conti beaucoup de partisans. La Reine, informée du mécontentement de Louis XIV, s'en servait pour discréditer l'ambassadeur de France ; mais, par ses démarches, elle n'obtenait d'autre résultat quu d'augmenter le nombre des voix en faveur du prince de Neubourg ou du prince de Bade ; quant à l'Électeur de Bavière et au prince Alexandre Sobieski, il était moins facile, en ce moment, avec six millions de leur assurer la couronne de Pologne qu'au prince de Conti avec la moitié de cette même

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somme. Kon contente de dire partout que les promesses de la France seraient singulièrement diminuées, la veuve deSobieski avait fait imprimer un pamphlet pour que ce bruit devint public. Les procédés de la Reine envers l'ambassadeur de France étaient devenus de telle nature que, pour protéger à Varsovie le palais de l'ambassade contre les insultes continuelles des gens du prince Jacques et de la Reine, l'abbé de Polignac avait été obligé de prendre une garde de douze soldats, fournis par le cardinal Radziouski.

Les démarches de l'abbé Scarlati, envoyé de l'Électeur de Bavière et dévoué à la Reine, continuaient auprès de l'abbé de Polignac ; il lui demandait d'appuyer l'Électeur de Bavière, si la candidature du prince de Conti ne présentait pas de chances de succès et cela à charge, il est vrai, de réciprocité, et aussi sous la condition que Louis XIV lui donnerait son appui pour la part qui pouvait lui revenir dans la succès^sion d'Espagne (4).

Le cardinal Radziouski, cédant aux instances que les sénateurs ne cessaient de lui adresser depuis deux mois, était venu à Varsovie pour y tenir le Conseil qui devait délibérer sur les préliminaires de la Diète d'élection. Il donnait à entendre que le seul motif de ce retard était la continuation du séjour de la

(1) L*Electeur de Bavière avait épousé, en premières noces, Marie- Anne, fille unique de l'empereur Léopold et de Tinfante Marguerite- Thérèse, sœur cadette du roi d'Espagne, Charles 11, dont il se trouvait ainsi par alliance le neveu. Marie-Anne avait laissé un fils qui pouvait avoir des droits à la succession d^Espagne, dans le cas de décès de Charles II sans postérité.

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