DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XIV
Reine dans la ville. Se fiant à la promesse écrite qu'elle lui avait faite de s'éloigner, il s'en était porté garant envers tous les députés des petites Diètes ; mais les représentations qu'il fit à cette princesse pendant le cours du mois de mars ne la déterminèrent pas à se retirer. De son côté, le prince Jacques Sobieski avait quitté la Silésie et était revenu à Varsovie depuis le 24 février. Tout le mois de mars s'écoula de la sorte sans qu'il fût possible d'assembler le Conseil. L'armée confédérée ne rentrait pas dans le devoir ; elle avait pris ses quartiers d'hiver aux environs de Varsovie et y commettait de grands désordres. Baranowski, maréchal des confédérés, fit demander 150,000 florins au cardinal Radziouski, avec menace, en cas de refus, d'envoyer des troupes sur les terres de son archevêché. Le Cardinal répondit qu'il avait déjà payé les sommes qu'il pouvait devoir, pour sa part des quartiers d'hiver, au comte Jablonowski, grand-général de Pologne, qui seul avait le droit de les demander. Cependant, l'absence de forces suffisantes pour soumettre les confédérés faisait craindre qu'on ne fût obligé de leur accorder tout ce qu'ils demandaient. Douze compagnies de ces confédérés s'étaient établies dans la Prusse royale et la commission de Léopold travaillait toujours à la liquidation de la solde qui pouvait leur être due. Le Palatin et les Castellans de la grande Pologne avaient envoyé aux habitants l'ordre de repousser la force par la force, dans le cas ou les confédérés voudraient aussi prendre leurs quartiers dans ce pays. On espérait arriver à une solution satisfaisante, lorsque Baranowski refusa de ratifier la convention conclue à
Léopold entre Tévéque de Plosko, les commissaires du Sénat et les députés de l*armée. Il avait même fait arrêter et condamner à mort, comme coupable d^excès de pouvoir, un des plénipotentiaires de l'armée. De leur côté, les Diètes particulières n'avaient pris aucune mesure propre à rétablir Tordre. Celle de Brzesc en Lithuanie s'était rompue à la suite de rixes oii les sabres avaient été tirés ; quelques membres avaient été tués et plusieurs blessés ; une confédération particulière de la noblesse avait été le seul résultat obtenu par celles de Poltock, Miecislow et Orozan. En Lithuanie, la ?IobIesse, à l'exemple des Diètes de plusieurs palatinats, s'était aussi confédérée pour la conservation de ses privilèges. I^ Diète de Samogitie avait été» selon l'usage, ouverte en pleine campagne ; mais, sur l'observation du Grand-Trésorier de Lithuanie, elle fut, à cause du froid, réunie dans l'église de la ville voisine; des désordres assez graves y éclatèrent. À la suite d'une dispute, un membre de cette Diète, poursuivi par ses collègues, s'était réfugié dans la sacristie de l'église ; il y fut massacré à coups de sabre. Les Polonais, familiarisés avec ces sortes d'incidents, n'en continuèrent pas moins la Diète, qui décida que tous les gentilhommes se trouveraient à l'élection du roi (1).
(4) Lettres de Tabbé de Polignac, 11, 15 et 35 février et !«' mars