‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 51 sur 115 · UEUXIÈMB PARTIE, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

UEUXIÈMB PARTIE, CHAPITRE XV

« plus OU du moins, mais uniquement de la réalité et de « l'évidence des trois millions, pourvu que les banquiers se « chargent de les payer immédiatement. » Il était à craindre que ces banquiers, comme Holvell de Dantzick, ne dissent qu'ils n'avaient pas d'argent, les Polonais ne voulant pas se reposer sur la bonne foi de Samuel Bernard.

Enfin, il ajoutait :

« Je supplie très-humblement Votre Majesté de vouloir bien « m'accorder une gratification pour cette Diète d'élection et a de considérer que les dépenses que je dois y faire seront a beaucoup plus grandes que celles où l'on est obligé dans « les Diètes ordinaires (1). » Huit jours après, les mêmes demandes étaient faites collectivement par les abbés de Polignac et de Châteauneuf ; c'était surtout dans le cas ob l'élection serait contestée que l'argent était nécessaire. Ils écrivaient dans ce sens au roi de France :

« La Pospolite, qui se trouvera épuisée et affamée par un a séjour de six semaines dans la plaine de Varsovie, ne son- « géra qu'à se séparer pour s'en retourner chacun chez soi, « en sorte qu'il ne restera que l'armée pour soutenir le roî « légitime jusqu'à son arrivée et réduire les rebelles à l'obéis- « sance ; mais son roi légitime sera celui qui la payera le « premier. )>

L'évéque de Plock et le grand-trésorier de Lithuanie, Benoit Sapieha, qui étaient du parti du prince de Bade, demandaient

(1) Lettre de l'abbé de Polignac au Roi, SS avril 1697.

toujours aux envoyés du roi de France des nouvelles des trois millions. Ceux-ci avaient été obligés de répondre que le prince de Conli leur avait mandé qu*il ferait, dans le cas d'insuffisance de la somme, tous ses efforts pour obtenir davantage. 4( Ce qui nous force d'avoir recours à ces suppositions, » écrivaient alors les abbés de Châteauneuf et de Polignac, « sont les bruits qui courent des remises que H. de Bade fait « voiturer à Dantzick. » Ils comprirent aussi, dans le cas où l'élection serait double, de quelle importance il étoit pour le prince de Conti d'avoir l'évéque de Cujavie dans son parti. « Un de ses prédécesseurs, en pareil cas, couronna à Craco- € vie le roi Etienne, et il fut bien couronné malgré l'opposi- « tion du Primat et des autres évéques qui avaient proclamé « l'empereur Maximilien ; j'avois donc fait marché avec son « théologien à deux mille écus comptant, huit mille le jour de « l'élection et dix mille ensuite ; il a renvoyé la lettre de change « de deux mille écus que nous lui avions donnée sur Dantzick « avec une réponse généreuse qui cachoit peut-être quelque « dépit contre une somme aussi modique ; cependant, comme « il marque qu'il se contente de recevoir sa récompense quand

« il l'aura gagnée par ses services, nous lui proposerons « encore vingt mille écus, la moitié payable d'abord après « l'élection et l'autre moitié quelques mois après. »

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