‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 56 sur 115 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XVII

pour éviter un conflit, le Cardinal jugea à propos de se retirer; il fut injurié par ces mécontents/ et, comme il lui reprochèrent sa partialité pour la France, on reconnut en eux des partisans du prince Jacques. Le lendemain, jour de TAscension, on parlementa avec eux, mais en leur donnant à entendre que, s'ils voulaient troubler Télection, ils seraient déclarés coupables de lèse-République et ennemis de la patrie. Le maréchal de la dernière Diète demanda qu'on procédât à l'élection de son successeur; cette élection devait faire préjuger de quel côté serait la majorité. Les fonctions du maréchal étaient fort importantes ; c'était par lui que chaque palatinat apprenait les résolutions des autres, ce qui lui donnait une facilité merveilleuse de les tourner comme il le voulait en proclamant que la majorité penchait du côté du candidat qu'il désirait favoriser. C'était lui qui recueillait toutes les voix, qui dressait et gardait le diplôme de l'élection. De là l'intérêt, pour un candidat, d'avoir pour lui le maréchal de la Diète. Il ne s'éleva jamais, dans aucune élection, autant de contestations que dans celle-ci sur le choix d'un maréchal. Le parti de la Reine et le Grand-Général faisaient leurs efforts pour le faire tomber sur Odalanowski, petit-fils de Jablonowski et fils du comte Leskinski, palatin de Lencici ; mais tous les autres partis le repoussaient et semblaient d'accord pour déférer cet honneur à Humiecki, tant pour son mérite personnel que pour celui du palatin de Kiowie, son oncle, le seigneur de Pologne le plus estimé pour sa probité et pour ses talents militaires. Mais Humiecki avait été maréchal de la Diète préliminaire et

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la loi s'opposait à ce qu'il fût continué dans ses fonctions a la Diète d'élection. Les abbés de PoUgnac et de Cfaàleauneuf ne se mêlèrent pas ostensiblement aux intrigues auxquelles donna lieu le choix du maréchal ; ils laissèrent agir le parti français, qui était décidé à porter toutes ses voix sur Bielinski , grandchambellan de la couronne. Mais le zèle des amis du prince de Conti était singulièrement refroidi ; ils se plaignaient toujours du retard apporté à l'envoi de l'argent. Toutefois, dans une réunion tenue chez le cardinal Radziouski, ils avaient consenti à attendre encore dix jours, jusqu'au 25 mai ; après ce délai, ils devaient prendre un parti définitif. Cependant, les chances de l'Electeur de Bavière, des Princes Alexandre et Constantin, ne faisaient que diminuer, et l'élection d'un Piast était hors de doute (4).

Le 2i mai, l'abbé de Polignac n'avait pas encore reçu le courrier qu'il attendait; jusque-là, il avait fait différer l'élection du maréchal pour donner à Louis XIY le temps d'envoyer ses ordres et ses instructions ; il avait toutefois ménagé ses adversaires dans la crainte d'être obligé de revenir à eux, si les promesses qu'il avait faites ne pouvaient pas être exécutées. Bien que le parti opposé à l'élection du prince de Conti fût faible et qu'il ne pût, selon toute probabilité, parvenir à faire élire le fils du palatin de Lencici pour maréchal, le parti français s'impatientait, circonvenu par les partisans du prince Jacques.

(i) Lettres des abbés de Polignac et de ChâtcauneufauRoi, i7 mai

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