‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 63 sur 115 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

CARDIIMTOEI Dl L'<LICTtUK Dl SA». '— SES OUTIKTURIS iO CAIDINAL lABZIOOSKI ET A L*ABB< Dl POLIOHAC.

Une candidature, jusque là tenue cachée, commença alors à se produire, ou du moins à se laisser deviner ; ce fut celle de Frédéric-Auguste, électeur de Saxe. A quel moment conçut-il la pensée de prétendre à la couronne de Pologne, il est difficile de le déterminer d'une façon bien précise; n'ignorant pas que les lois du royaume de Pologne excluaient du trône tout candidat qui n'était pas catholique romain, et que, par conséquent, la religion luthérienne qu'il professait, comme les électeurs de Saxe, ses ancêtres, sous la protection desquels cette religion s'était introduite en Allemagne, serait pour lui un motif péremptoire d'exclusion, il avait, au mois de février 4697, envoyé à Rome le baron Rose, un de ses lieutenants-généraux, pour connaître les dispositions de la cour pontificale à son égard, s'il consentait à renoncer au luthéranisme pour embrasser la religion catholique romaine (1).

(i) Dépêche du cardinal de lanson au Roi, 40 février 1007.

On a tout lieu de croire que les démarches de Jean Przependowski, castellan de Culm, auprès de l'Électeur de Saxe, et son voyage à Dresde dans le commencement de Tannée 4697, ne furent pas sans influence sur la détermination prise par Frédéric-Auguste.

Le castellan de Culm ne jouissait pas en Pologne d'une grande considération. Habile et intrigant, il était avide d'honneurs et d'argent; sous le règne de Sobieski, de luthérien il s'était fait catholique pour devenir sénateur ; après la mort de ce prince, il avait embrassé le parti du prince Jacques qu'il croyait devoir être le plus fort, puis l'avait abandonné au mois de novembre 1696, pour le parti français, qu'il devait abandonner aussi. Il était mécontent de l'abbé de Polignac, dont il ne recevait pas autant d'argent qu'il en aurait désiré. Brouillé avec le prince Jacques , brouillé avec les partisans du prince de Conti, brouillé avec le prince de Bade, il comprit de suite que, si un de ces trois concurrents était élu roi de Pologne» il n'aurait aucune part aux faveurs et dignités dont Tavénement du nouveau roi serait l'occasion. Il chercha alors à prendre position de façon à ce que le souverain qui serait élu lui fût entièrement redevable de la couronne.

Przependowski avait épousé une fille du général Fleming, qui était au service de l'Électeur de Brandebourg. Il pria son beau-père de lui faire savoir ce qui se disait dans le Nord de l'Allemagne sur l'élection prochaine de Pologne. Il apprit que l'Électeur de Saxe avait une passion démesurée de se mettre sur les rangs, mais qu'il avait besoin de plusieurs renseigne-

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