‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 69 sur 115 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE U · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE U

Lorsque le Maréchal de la Diète vint au-devant de lui pour le conduire à l'assemblée, s'apercevant que les gardes de l'évéque de Passaw portaient autour de lui leur sabre nu, il les menaça de les faire chasser s'ils continuaient à l'escorter de la sorte ; il était le plus fort, il fallut obéir.

Le Grand-Secrétaire de la couronne reçut, des mains de l'évéque de Passaw, la lettre de l'Empereur. Comme cet officier la portait au Primat, qui devait la lire, il remarqua que l'adresse portait ces mots : Inclytm Reipublicm. On crut voir dans cette adresse un manque de respect de la part de l'Empereur et une preuve de sa fierté. On se rappela que l'empereur Maximilien, concurrent de Battori, s'était servi de la même formule et q\x^ sa lettre avait été fort mal reçue. Sur l'obser* yation qui en fut faite à l' Ambassadeur, il demanda la liberté d'en faire ses excuses en pleine Diète ; on lui fixa le lendemain même, mais à condition qu'il ajouterait de sa main le mot serenissitMB, et qu'il se chargerait de faire agréer cette rectification par Sa Majesté Impériale. Il s'en excusa su» ce qu'il n'était pas en son pouvoir de rien changer au style de la chancellerie. Aussi la lettre de l'Empereur ne fut-elle pas reçue ; mais l'évéque n'en commença pas moins sa harangue et recommanda le prince Jacques Sobieski. Il fut interrompu plusieurs fois, parce qu'il se servait du terme vos au lieu des termes d'honneur « que l'on doit employer quand on parle à « une république libre et couronnée. » Comme il continuait la lecture de son discours, sans modifier ses expressions, les clameurs devinrent (elles qu'il fut obligé de cesser. Un sai-

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gnement de nez, qui lui survint, en lui donnant un prétexte pour se retirer, l'aida à sortir d'embarras.

L'abbé de Polignac devait parler le lendemain 32, mais le parti qui lui était opposé se préparait à l'interrompre et à se venger ainsi de ce qui était arrivé à l'ambassadeur de l'Em* pereur. Jablonowski, grand-enseigne de la couronne, avait dit au prince Lubormiski : « Vous avez fait insulte à notre ambas- « sadeur, nous en aurons raison demain sur le v6tre. » L'abbé de Polignac, averti de la mauvaise réception qu'on lui préparait, ne jugea pas à propos de se rendre à la Diète; il ne voulut pas exposer l'ambassadeur de France aux huées de gens mal intentionnés. Il fit imprimer ses offres, qui furent distribuées dans chaque palatinat, signées de sa main, et scellées de ses armes. Il obtint ainsi l'effet qu'il pouvait attendre de sa harangue.

Le cardinal Radziouski et les autres partisans de la France commencèrent alors à craindre de jeter la République dans le trouble et la division, s'ils donnaient lieu à une scission, en persistant à rejeter d'une manière absolue toute autre candidatui*e que celle du prince de Conti. Ils tinrent entre eux un conseil secret, le 23 juin, pour savoir quel parti définitif ils devaient prendre (1). Quelques membres de cette réunion, pensant que les secours promis par la France n'arriveraient pas avant la scission, proposèrent de porter leurs voix sur rÉle<Ueur de Saxe, cette candidature ne pouvant être désa-

Xi) Dépêche de l'abbé de Polignac au Roi, 38 juin 1697.

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