‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 70 sur 115 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XX

]gréable à Louis XIY, puisque c'était à lui queTÉlecteur s'était d'abord adressé avant de se mettre sur les rangs. Il fut convenu qu'une députation serait envoyée à l'abbé de Polignac, pour lui faire approuver ce changement. A peine la députation était-elle partie, que Ladislas Priemski, castellan de Cali^h, arriva à la réunion. Ayant appris ce qui s'y était passé, il menaça de se joindre, avec la grande Pologne, au prince Jacques Sobieski, si le prince de Conti était abandonné. L'évéque de Plosko et les deux autres députés qui étaient ve^* nus trouver l'abbé de Polignac, de la part du Conseil, après lui avoir déclaré que ses amis ne voulaient rien faire sans l'avoir prévenu, le prièrent d'envisager les malheurs dont la Pologne était menacée, maintenant que la scission était inévitable» depuis que l'ambassadeur de France « n'avoit pu mettre ordre « aux secours essentiels, qui seuls étoient capables ou de « Tempécher ou de l'éteindre. » Us finirent par lui avouer qu'ils avaient trouvé « un milieu qui mettroit la République « en repos, qui assureroit l'honneur de la France, » et qui ne porterait aucun préjudice à son ambassadeur; cet expédient « étoit de consentir au choix de l'Électeur de Saxe, que l'on « obligeroit à restituer au roi très chrétien l'argent qu il avoit « dépensé (1). » Ils ajoutèrent que l'Électeur « feroit pour « l'ambassadeur de France ce que la reconnoissance exigeoit « d'un prince qui luy seroit redevable d'une couronne. » L'abbé de Polignac refusa de souscrire à une telle proposi-

(t) Scission de Pologne, p. lU. *

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tion ; il répondit qu'il regardait la conearrence de rÉlecteor eomme cbimérique. Si les sommes « promises pour appuyer « l'élection du prince de Conti, » dit-il, « étoient insuflbantes,

< il n'auroii pas fallu insister autant auprès de moi pour les « faire venir, et il ne falloit pas les accepter une fois arrivées.

< La France ne pouvoit, ni ne vouloit soutenir la candidature « d'un Allemand, bérétiqne et dépendant de l'Empereur par « sa dignité électorale. » Cette réponse et la menace du castellan de Galish empêchèrent l'assemblée de prendre une résolution définitive.

L'évéque de Posnanie et le palatin de Priclavie firent alors connaître deux lettres du prince Jacques, par lesquelles il renonçait à toutes ses prétentions à la couronne, en faveur du prince Charles de Neubourg ; mais, comme il n'y avait pas d'apparence que les partisans du prince de Conti abandonnassent leur candidat pour le prince de Neubourg, mais bien plutôt pour l'Électeur de Saxe, le parti du prince Jacques se tourna du côté de Frédéric-Auguste , dont les propositions faites à la République, par l'organe du chevalier Fleming, n'étaient inconnues de personne.

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