CHAPITRE II
DIÈTES PB0TIHCIALK9. — ÉTAT DBS PARTIS. — CANDIDATS AU TfiOXE DE POIOGNB. — atfPOXSI DB LOUIS XIT AU SUJBT DB LA CANDIDATURB DU PRINCR DB COXTI Bt DIS PKOPOSITIOnS DBS LUBORMISKI.
Les Diètes des Palatinats, réunies à la tin de juillet, avaient été tumultueuses; plusieurs avaient été rompues sans qu'on y eût rien arrêté. Les trois Palatinats de la Prusse royale avaient été d'avis de proposer à la Diète générale du 29 août de faire élire le nouveau roi par toute la noblesse; quelques députés demandaient que la convocation fût remise au printemps prochain. La Diète deLublin avait décidé l'exclusion de tous les Piastes, et, sous ce nom, elle comprenait les enfants de Sobieski ; celle de Varsovie leur avait été moins défavorable : elle avait repoussé une motion qui avait pour but de forcer la Reine et ses fils à s'éloigner de cette ville pendant la Diète d'élection qui devait s'y tenir. A Cracovie et à Sandomir, les Diètes n'avaient pas été plus exigeantes. Le départ de la Reine et des princes Sobieski n'avait été jugé nécessaire que dans
le cas où leur présence pourrait porter atteinte à la libcrîé de Télection; à Mariembourg, on avait tiré Tépée, et le sang avait coulé. Le peu de sympathie des Polonais pour la Reine douairière ne se manifestait pas seulement dans les Dièteç ; son propre père avait été attaqué, avec sa suite» dans les environs de Zolkiew, par une bande d*hommes armés commandée par les Glacowski ; le Cardinal n'avait dû la vie qu*à sa présence d'esprit et à sa fermeté.
Ces Diètes, du reste, avaient pris les décisions usitées en pareille circonstance. Les compliments de condoléance, devaient être faits, en la manière ordinaire et accoutumée, à la Reine et aux princes Jacques, Alexandre et Constantin ; des remerciments votés au cardinal Radziouski et aux Grands Généraux, pour les soins qu'ils avaient pris et prenaient des affaires publiques pendant Tinterrègne. A la République seule était soumise la question de savoir si Ton avait dû mettre les scellés sur les biens du feu Roi. Suivait l'usage, les ambassadeurs étrangers étaient tenus de s'éloigner du lieu où se tiendrait la Diète d'élection.
La plupart des Diètes particulières avaient terminé leurs travaux vers le milieu d'août. Depuis la fin de juillet, Tabbé de Polignac avait déployé, dans sa correspondance, la plus grande activité : dans l'espace d'un mois, du 27 juillet au 24 août, il n'avait pas expédié moins de sept dépêches. Les partis commençaient alors à se produire, et assez nettement pour que l'ambassadeur comprît qu'il était. de son devoir d'en informer Louis XIV.