‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 72 sur 115 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXI

le chevalier Fleming avait apporté une attestation délivrée par révéque de Javarin (1), laquelle il montrait à tout le monde. Le nonce se trouva fort embarrassé pour répondre à une pareille question et promit au parti saxon de confirmer le certificat de révéque de Javarin, pendant qu'il assurait les abbés de Polignac et de Chàteauneuf qu'il n*en ferait rien. Quant au cardinal Radziouski et à l'évêque de Plosko, ils ne croyaient pas à l'authenticité de l'acte, quoique signé par l'évêque de Javarin.

Le 26, le Cardinal-Primat célébra une messe solennelle dans l'église Saint-Jean, en présence de toute la noblesse; l'évêque de Plosko fit un sermon dans lequel il se compara au prophète Samuel qui demandait à Dieu un roi, non comme Saiil , mais comme David. Après l'office, on se rendit au lieu de l'élection; les sénateurs prirent leur place dans le Kolo; lé cardinal nomma les candidats et fit l'éloge de chacun d'eux. Quand il fallut prononcer le nom de l'Électeur de Saxe, il annonça que, par honneur, on ne devait pas l'oublier, mais que ce prince n'était pas éligible, parce qu'il faisait profession de luthé-

(i) L'évêque de Javarin, Christian-Auguste de Saxe, parent de l'Eiec* leur, était redevable de sa fortune à l'Empereur, qui, au mois d'août 1606, l'avait tiré de l'Église de Cologne, où il était alors chanoine et grand prévôt, pour le mettre en possession du riche évèché de Javarin (Raab en Hongrie). Le Pape, à la recommandation de l'Empereur, lui avait octroyé gratuitement ses bulles. Le nouveau prélat, pour rendre service à sa famille et témoigner sa reconnaissance à son bienfaiteur, avait accordé à leurs importunités une attestation qui portait que, le 3 juin, rôle de la Trinité, l'Electeur de Saxe avait fait abjuration à Vienne entre ses mains.

raDisme, sa conversion n'étant appuyée que sur des preuves défectueuses. Son discours achevé, le cardinal mit un genou en terre, leva les mains versleciel, et déclara qu'il ne proclamerait jamais un roi que du consentement de l'assemblée. Les sénateurs se retirèrent, le Cardinal et le directeur de la Diète demeurèrent seuls dans le Kolo pour recueillir les voix (4).

Le castellan et le palatin de Cracovie engagèrent leur pala- Unat, qui a le droit d'exprimer son vote le premier, et celui de Posnanie, qui vote le second, à crier : Vive le prince Jacques Sobieski! Trois compagnies de Cracovie et une de Posnanie proférèrent, en effet, ce cri, mais très-faiblement; les autres compagnies de ces deux palatinats crièrent : Vive Conti î avec tant de force, que ce nom fut entendu de toutes parts. Le palatinat de Wilna, qui opine le troisième, se déclara aussi en faveur du prince de Conti. Il en fut de même des autres jusqu'à celui de Samogitie, qui donna son suffrage le neuvième. Deux compagnies de cette province, gagnées par les ïrzispins, nommèrent l'Électeur de Saxe. Ce nom parut si odieux aux partisans du prince de Conti, qu'ils ne parlaient de rien moins que de se jeter sur des gens assez audacieux pour proposer un

luthérien.

Les palatinats continuèrent à exprimer leurs suffrages; cependant, on vint dire à l'évêque de Passaw qu'il était absolument nécessaire d'avoir un certificat du nonce du Pape, pour corroborer celui de l'évêque de Javarin, concernant l'abjuration

(1) S(^stloH de Pologne, p. 158.

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