‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 74 sur 115 · DEUXIÈME PAUTIE, CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PAUTIE, CHAPITRE XXI

« artifice, ils détachèrent de lui quelques palatinats qui se « réunirent aux nôtres, en sorte que, voyant que nous en « avions vingt-neuf, on jugea qu'il n'étoit plus temps de « différer la nomination.

« Les autres s'en aperçurent et demeurèrent fidèles à « Saxe, parce que c'étoit le seul qui pouvoit les soutenir, « par la facilité d'entrer bientôt dans le royaume avec « des troupes, et Tévéque de Cujavie le nomma dans le « camp avant que le Cardinal commenç&t le sien dans le a Kolo, ce qui est une triple irrégularité de la part dudit « évéque.

« Notre nomination fut suivie du Te Deum dans l'église « Saint-Jean et de la décharge de l'artillerie, en sorte qu'elle. « a été revêtue de toutes les formalités nécessaires.

« Voilà, Sire, ce que nous avons fait malgré Topposition de « trois généraux et l'infidélité du quatrième.

« Il est vrai que celui-ci, honteux des reproches de nos « amis et d'une partie de sa famille, qui le conjurèrent, avec « des larmes, de ne les plus abandonner, leur protesta qu'il « étoit toujours le même et le proteste encore ; mais il le fait « d'une manière si froide, qu'on ne sauroit faire fond sur sa f( constance; ce qu'il y a de plus apparent, c'est qu'il veut « balancer les deux partis pour se faire encore acheter de « l'un et de l'autre.

« Enfin , monseigneur le prince de Conti est élu par les

« trois quarts de la République. » L'abbé de Polignac avait

soin d'ajouter ^ et l'autre quart, par pur désespoir, a

ta

178 Nf.GOCIATIONS DE L^ABll^Ê DE ^ôLfCfNAC.

« élû^n prince qu'on ne pouvoit prévoir (1) »1l faisait

allusion à la nomination de l'Électeur de Saxe. Cette nomination n'avait suivi que de quelques instants celle du prince de Conti. Après le départ du cardinal Radziouski et des partisans du prince de Conti, l'évéque de Cujavie, avec les trois généraux Jablonowski, Potoski et Sluska, avait aussi quitté le champ électoral, et, se prévalant de l'absence du Cardinal- Primat, avait proclamé, sans bruit, à la tête de quarante compagnies restées fidèles au parti Saxon , Frédéric-Auguste, électeur de Saxe, roi de Pologne et grand-duc de Lithuanie. Il s'était ensuite rendu à Varsovie, et, pendant que toute la ville était occupée à faire des feux de joie pour la nomination du prince de Conti, il avait fait ouvrir les portes de l'église Saint- Jean et avait chanté un Te Deum en l'honneur de l'Électeur de Saxe. Deux heures auparavant, pareille cérémonie y avait eu lieu pour le prince de Conti. La nomination de TÉlecteur de Saxe s'était ainsi faite hors du champ électoral. C'était là un cas de nullité auquel l'évéque de Cujavie n'avait pas fait attention, mais dont les partisans de l'Électeur l'avertirent le soir même ; ils l'obligèrent à retourner le lendemain, 28, à la pointe du jour, au champ électoral, pour proclamer de nouveau Frédéric-Auguste roi de Pologne.

L'évéque de Cujavie n'en demeura pas là ; il fit jurer, le même jour, dans l'église de Varsovie , les Pacta convmta par le chevalier Fleming, auquel on donna le titre d'envoyé extra- Ci] Lettre des abbés de Polignac et de Châteauneuf au Roi, 96 juin 1697.

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