‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 76 sur 115 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXI

200,000 écus destinés, dans le principe, à Télection du prince de Bade (1).

Les partisans de rÉlecteur de Saxe ne perdirent pas de temps. Assurés de Tappui des généraux, ils s'emparèrent du château de Varsovie et envoyèrent des ambassadeurs députés au roi de leur choix pour lui demander : « s'il étoit vraiment « catholique, si sa femme se convertiroit avant d'entrer en « Pologne; et, enfin, s'il avoit les dix millions qu'il avoit « promis. » De son côté, le cardinal Radziouski notifia au chevalier de Fleming qu'il tenait pour nulle l'élection faite par quelques palatinats en faveur de son maître, et écrivit, le 29 juin, à l'Électeur dans le même sens ; il motivait ainsi sa manière d'agir :

« Parce qu'un petit nombre, autorisé par trois des généraux, « a enveloppé dans sa nomination Votre Altesse Sérénissi- « sime, sans aucun égard pour les droits ni l'autorité du « Primat, qui est la seule qu'on doit considérer pendant l'in- « terrègne, nous déclarons à Votre Altesse Sérénissime, avec « tout le respect que nous lui devons, que notre intention n'a « pas été et n'est point encore de charger du soin de notre « royaume Votre Altesse Sérénissime, occupée par ses exploits « héroïques contre l'ennemi de la chrétienté. »

Le parti français conservait donc encore de l'espoir; de plus, à cette même date, l'abbé de Châteauneuf, en parlant du prince de Conti, assurait Louis XIV que < si le roi arrivoit

(I) Lettre de Tabbé de Châteauneuf au Roi, 39 Juin 1697.

« avant trois semaines, son couronnement seroit immanqua- « ble. » Cependant l'abbé de Polignac sentit le besoin de s'excuser, et, imputant au manque d'argent l'échec que venait de recevoir le parti français, il écrivit au marquis de Torcy :

« Vous voyez en quel état sont les affaires du roi de Pologne; « s'il avoit été ici ou dans le voisinage, et si les millions de « la République avoient été comptants, comme nous l'avions « toujours demandé, la double élection ne seroit pas faite ; « ou, du moins, elle auroit peu duré : au lieu que présente- « ment nous nous trouvons avec un titre incontestable sans « argent et sans roi, pendant que l'Electeur de Saxe est aux « portes avec des troupes et l'assistance de tous les États « voisins du royaume intéressés à le soutenir.

« Nous devions avoir, avant hier, audience de la Républi- « que chez Moiiseigneur le cardinal Radziouski; mais, les « Saxons ayant proposé une conférence pour ce matin, on a « mieux aimé la leur accorder et suspendre le reste pour faire « voir la douceur avec laquelle nous voulons procéder (1). »

(i) Dépèche de Tabbô de Polignac au marquis de Torcy, i^'juUlel

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