‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 77 sur 115 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

AUDII?ICI Dl L'ABBé DR P0LI6NAC CHBZ LB CARpiIflL RADZIOUSKI. — lilUTILIT^ DE LA TRANSACTION PBOPOsIb PAR IB GRAND KARiCHAL DE LA COURONNE. — DEPART DE L*ABBi DE COATEAUXEUf POUR DANTZICK. — MANIFESTE DU PARTI FRARÇA». •» CONVOCATION DR LA DIETE POUR LE S5 AOUT. — HÉSITATION DE JEAN CASIMIR 8APIEBA VAINCUE PAR L'aBBÉ de POLIOXAC. — DÉMARCHES DU PARTI SAXON. — MAUVAISES DISPOSITIONS DV CORPS DIPLOMATIQUR DB VARSOVIE CONTRE LB I RINCE DR CONTI. — ESPÉRANCIS DR ^'••—i DR POLIONAC. — L*ABBK DB CBATSAUNEUF A DANTZICK; SA DÉPÊCHE A LOUIS XIV.

Quatre jours après réIectioD, le 30 juin, l'abbé de Polignac eut une audience du cardinal Radziouski. Le Grand-Maréchal de la couronne était présent; il proposa d*entamer des négociations pour accorder le parti saxon et le parti français ; cinq médiateurs, assistés de six sénateurs et de douze gentilshommes, furent chargés de ce soin. Les cinq jours que durèrent les conférences « ne furent employés qu'à se choquer les uns « les autres et s'accuser mutuellement d'avoir opprimé la « liberté. » On y proposa de casser les deux élections, d'assembler une seconde Diète, à la condition toutefois qu'aucun des deux candidats ne mettrait le pied sur le sol polonais. Le parti saxon, et pour cause, ne voulut jamais souscrire à celte condition. Le parti français, intimidé par l'opiniâtreté de

ses adversaires, demanda de Targent à l*abbé de Polignac avec plus dinsistance que jamais.

L'abbé de Chàteauneuf partit alors pour Dantzick afin de hâter la remise des fonds. Il voulait aussi voir la reine de Pologne pour tâcher de lui persuader que ses intérêts et ceux du prince de Conti étaient identiques. Il fallait enfin prendre les mesures nécessaires pour l'arrivée et le débarquement du prince de Conti. L'abbé de Polignac était resté en butte aux amis et aux ennemis, m Les derniers ne me donneroient nulle <( inquiétude », écrivait- il au Roi, « si j'avois de l'argent; « mais les premiers me mettent au désespoir, parce que je « n'en ai pas (1). »

Ne sachant si M. le prince de Conti viendrait ou non, ses partisans n'avaient pas rédigé de Pacta conventa; ils s'étaient contentés de lancer un manifeste dans lequel, disant qu'ils ne voulaient pas imiter les violences du parti de Saxe, ils déclaraient qu'ils s'en rapporteraient à la République. À cet effet, ils convoquèrent la Diète pour le 25 août, sans que le parti contraire y voulût consentir. Sapieha (Jean -Casimir), palatin de Wilna et grand-général de Lithuanie, refusa d'abord de signer le manifeste; homme de guerre, il voulait savoir comment il la pourrait faire, si l'on était obligé d'en venir à , cette extrémité. Le motif de son abstention ne laissait pas que d'être spécieux : « Le prince de Conti étoit son roi légitime ; « il s'étoit engagé à l'élire, mais non à le soutenir ; il n'avoit

(t) Leltre de l'abbé do Polignac au Roi, 15 juillet 1697.

Page 1