‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 78 sur 115 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXII

« que son armée, mais non payée ; il n'en étoit pas le maître : « le castellan de Wilna, ami de la Reine et ennemi de Sa- « pieha,avec l'argent de l'Electeur de Saxe, pouvoit encore la « faire révolter. Indépendamment de l'appui que Saxe trouvoit « dans l'Empereur, le Czar et l'Électeur de Brandebourg, il « avoit encore pour lui l'armée de la couronne, commandée « par Jablonowski, castellan de Cracovie, à laquelle la France, « aussi bien qu'à celle de Lithuanie, avoit promis six quartiers « de solde. D'ailleurs, l'Électeur de Saxe lui-même n'étoit-il « pas à Tarnouskiguoi , sur la frontière de Silésie, tandis « qu'on attendoit le prince de Conti comme le Messie. » À ces raisons l'abbé de Polignac répondit que l'argent était à Dantzick, et donna l'assurance positive que le prince de Conti y arriverait sans faute avant la fin du mois. Les partisans du prince de Conti répondirent alors unanimement qu'ils attendraient encore huit jours (du 30 juin au 6 juillet], mais que passé ce temps ils ne pouvaient plus le soutenir, ne voulant être ni égorgés ni subjugués. Ils finirent par accorder à l'abbé de Polignac jusqu'au 21 juillet pour commencer les payements et jusqu'au 30 pour les achever. L'Abbé alléguant la difiBculté de faire venir l'argent de Dantzick à Varsovie, ils lui offrirent des gardes pour le faire escorter, en lui faisant remarquer que, si l'argent 'était à Dantzick, il avait tout le temps nécessaire pour le faire venir jusqu'au 21 juillet, et que, si l'argent n'y était pas, il ne fallait plus parler de rien.

Leur parti était pris; c'était au tour de l'abbé de Polignac de prendre le sien.

« Je me vis dans une telle extrémité, » écrivait Tabbé de Polignac, « qu'au moins pour gagner la fin du mois et les « empêcher de tout gâter par leur impatience, je me soumis « à tout ce qu'il voulurent; ils signèrent alors de bon cœur, « et leur palatin de Wilna, qui fit la chose avec le plus de « cérémonie, la fit pourtant à la fin. »

Pour gagner l'armée de Pologne, on y envoya le Podsioli de la couronne (échanson) avec ordre d'engager les soldats au service du prince de Conti, en leur promettant, dans le plus bref délai, le payement de leur solde arriérée; mais il était indispensable de faire quelques avances de fonds, et l'abbé de Polignac n'avait pas d'argent. La castellane de Lencici consentit à engager ses pierreries pour 15,000 écus, et reçut en payement de l'ambassadeur de France des lettres de change sur Dantzick.

On envoya à Cracovie le staroste Oltinski et deux burgraves de Cracovie pour empêcher les entreprises que tenterait inévitablement l'Électeur de Saxe sur le château de cette ville. L'abbé de Polignac n'avait cependant pas grand espoir de conserver cette place au parti français ; mais il pensait que « c'étoit tout ce qu'on pouvoit faire de mieux en attendant le « roi de Pologne et l'argent. »

Les dispositions des ambassadeurs étrangers résidant en Pologne étaient peu favorables au prince de Conti. Le ministre du Czar avait donné à Jablonowski, castellan de Cracovie, une lettre de son maître adressée au cardinal Radziouski, auquel elle n'avait pas été remise. LeÇaslellan, regardant ce cardinal

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