‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 81 sur 115 · DBUXIÈMB PARTIE, CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

DBUXIÈMB PARTIE, CHAPITRE XXIII

« deux jours, » écrivait-il, « que je soutiens nos amis sans a aucuns secours et sans aucune nouvelle ; mais, à la fin, je « ne saurai bientôt plus que faire avec eux; ils ne savent « eux-mêmes où donner la tête, ne voyant arriver ni chef ni « argent. » Il était à craindre, si Tabbé de Polignac ne leur donnait pas, le 30 juillet, une réponse satisfaisante, qu*ils ne quittassent Varsovie mécontents et rebutés, pour aller offrir leurs services à TÉIecteur de Saxe. « Celui-ci s*approchoit, « menaçoit, payoit, faisoit enfin tout ce qu'il faut faire quand a il s'agit de s'assurer d'une couronne. » Les partisans du prince de Conti étaient l'objet des railleries du parti saxon, qui les assurait qu'ils ne verraient jamais leur roi ; ils redoutaient le couronnement de l'Électeur. « Alors, » disaient-ils, « Frédéric-Auguste payera l'armée; il disposera de toutes les « charges vacantes, et nous ruinera de fond en comble, avant « même que nous ayons appris si Louis XIY veut ou non nous « protéger. » Les députés de l'armée, auxquels l'Électeur avait promis 600,000 écus avant le 15 août, étaient à Varsovie, attendant une réponse de l'abbé de Polignac, qui comptait sur des nouvelles de France (1).

Le 30 juillet se passa sans que l'abbé de Polignac reçût aucune dépêche de Louis XIV. Ce fut pour lui « un jour terrible (2). » Le parti français avait appris, par la gazette de Hollande, l'arrivée, à Marly, le 11 juillet, du secrétaire de

(I) Lettre de Tabbé de Polignac au Roi, 39 juillet, (i) Lettre de Tabbé de Polignac au Roi, 9 août.

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Tabbé de Polignac, envoyé par lui en courrier; on s'empressa donc de demander à l'ambassadeur de France des nouvelles, il répondit qu*il n'avait pas reçu de lettres, sans doute, disaitil, parce qu'elles avaient été interceptées. On commença alors à se repentir d'avoir suivi les conseils de la France. Me sachant plus quel parti embrasser, plusieurs partisans du prince de Conti avaient accepté l'intenention de l'Électeur de Brandeliourg pour arriver à une transaction avec le parti saxon. L'offre leur en avait été faite par le baron d'Overbeck, qui se rendit de suite auprès de son maître avant d'aller trouver rÉlecteur de Saxe, que le Brandebourg, aussi bien que l'Auiriche, devait appuyer. Plusieurs d'entre eux voulaient qu'à la convocation du 25 août les élections fussent cassées et qu'on nommât le prince Jacques ; ils lui avaient même déjà fait des ouvertures dans ce sens et ce prince était venu à Czenstokowa, \ille du palatinat de Calish, pour travailler à cette nouvelle élection. L'abbé de Polignac pensa d'abord qu'on pouvait, pour ( ombattre l'Électeur de Saxe, profiter de la disposition des esprits en faveur du prince Jacques, et feindre de l'appuyer comme s'il était détaché de l'Allemagne ; mais, pour prendre une détermination, il attendait le retour de France de son secrétaire.

Le nonce du Pape avait quitté Varsovie ; sa présence avait nui beaucoup au parti français; son absence, à en croire les bruits répandus, était loin de le servir. On disait que Davia était en Prusse, occupé à faire casser le mariage de l'Électrice de Saxe, qui ne voulait pas entendre parler d'abjuration, et à

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