‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 9 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE H · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE H

le chapeau de cardinal, s'il parvenait à assurer Télection du prince Jacques (1]. Le Nonce avait parlé de cette candidature à Tambassadeur de France ; il voyait, dans Télection du prince Jacques, un moyen pour Louis XIV de faire la paix avec rAutriche ; à quoi Tabbé de Polignac répondit : « Il faut « que TEmpefeur abandonne le prince d*Orange, s'il veut « avoir la couronne de Pologne pour son beau-frère ; il est « de toute justice en effet qu'il laisse au roi d'Angleterre « celle qui lui appartient. » Cette proposition ne parut pas déraisonnable à Davia, mais il lui sembla qu'elle serait difficilement agréée par l'Empereur.

LejpriBce Jacques était donc, tout aussi bien que Charles

(1) M II seroit ù souhaiter que les ambassadeurs n'eussent point d'autre « intérest queceluy de leur maistre, afln de le mieux servir, et de suivre u aveuglément ses ordres et ses Intentions. C'est pour cela que les papes « défendent aux nonces qu'ils envoyent, en Pologne, aux Diètes d'élecu tion des rois, de prétendre la nomination de celle couronne au cardi- H nalat, afln de n'agir que pour le bien de toute la chreslicnté; et faire « voir qu'un nonce, qui est envoyé du père commun de tous les fidelles, u ne vient point avec un esprit de partialité, mais dans le seul dessein tt de contribuer à l'élection d'un Prince qui puisse avancer le bien de u l'Eglise et de l*Estat. Cependant, contre cet ordre exprès des souve- M rains pontifeSi il s'est trouvé quelquefois des nonces qui ont agi avec tt beaucoup d'empressement pour leurs intérêts particuliers et ont fait tt de grandes brigues pour avoir la nomination au cardinalat, n (Hauteville, Relation Msl. de Pologne^ p. 218.) — Du reste, les évèques polonais ne sont pas désireux de devenir cardinaux ; dans ce pays les évêqucs sont les premiers sénateurs et ne le codent en rien aux cardinaux, c est ce qui rend cctlo nomination si facile à obtenir pour les étrangers. .Saint-Simon cite comme preuve, h l'appui de cette opinion, la nomination au cardinalat de MM. Donzi et de Junson, qui surent profiler de leur ambassade en Pologne pour obtenir le chapeau.

2\ ?(£r.ociATiONS DE l'abbê de polignag.

de Neubourg (1), un candidat allemand; ce dernier paraiss:rH peu dangereux à Tabbé de Polignac, qui espérait se servir de cette candidature pour donner plus de force au parti français; mai« il était nécessaire pour cela que la Reine consentit, ou plutôt feignit de consentir à épouser le prince deNeubourg. L'abbé de Polignac se chargeait alors d'exploiter ce projet de mariage, qui donnerait à la France autant d'amis qu'il ferait de mécontents parmi les Polonais. L'abbé de Polignac avait, on le voit, des expédients pour toutes les conjonctures ; il ne comptait cependant pas, il faut le dire, sur l'habileté de la Reine pour jouer longtemps un pareil rôle : « Vive et emportée, si elle peut se contenir trois jours, « le quatrième elle gâtera tout par quelque accès de colère, « SI elle n'en fait pas, avant ce moment, confidence à vingt « personnes. » Par le fait, le moyen que proposait l'ambassadeur de France était, pour la Reine aussi bien que pour Louis XIY, inacceptable. Si l'abbé de Polignac se trompait sur la facilité plus ou moins grande qu'il croyait trouver chez la reine de Pologne, à se prêter à une combinaison française, il ne se trompait pas sur le caractère irascible de la veuve de Sobieski : elle tint peu de compte des avertissements de l'Abbé, et, loin de ménager des ennemis puissants qu'elle aurait peut-être pu ramener dans son parti, elle les

(I) Charles de Neubourg était frère de Jean Guillaume, comte Palatîn; H était beau-frère de L'Empereur, du roi d'Espagne, du roi de Portugal el du prince Jacques Sobieski, ciiacun de ces princes ayant épousé une flilc de Philippe-Guillaume de Neubourg, père de Cliarlcs.

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