CHAPITRE VIL
Cottquôle du royaume de Naples — Craintes du maréchal de Villars — Répons^ de la Cour ■■- rinfant-Duc arrive à Pôrouse ~ Proclamation aux. habitants des Deux-Siciles — Evénements de Naples — Bisgrdce du Vice-Roi — L'armée espagnole franchit la frontière — Combat de Mignano . — Lettre de rinfant-Duc au maréchal de Villars — Son entrée à Naples — F$tes et solennités à cette occasion — Bataille de Bitonto — Rapporl de M. de Monlemar. .
Le moment approchait où l'Espagne allait enfin toucher au but avoué de tous ses eftorts et de toute sa politique, but qu'elle avait constamment poursuivi, au milieu même des revers les plus accablants : la conquête du royaume de Najrfes. Don Carlos quitta sa capitale, le 7 février, pour se lanttttre à la tête de ses troupes, cantonnées dans les eiivirons de Sienne. Avant son départ, il rendit une Ofdonnauce qui constituait régente du duché de Parme et de Plaisance la duchesse douairière Dorothée, son aïeule, avec poifvoir à cette princesse d'exercer en son absence les droits du souvei*ain dans ses Ëtats. Le 10, il entrait à
Florence. En même temps les garnisons espagnoles évacuaient Rovère et la Mirandole. Le duc de Liria^ qui les commandait, en avertit M. de Broglie par un courrier.
Au quartier général, comme aux cours de Se ville et de Versailles, cette expédition de Naples était la grande affaire du jour. Toutes les correspondances en étaient pleines et l'on risquait sur ce sujet les conjectures les plus contradictoires. M. de Fontanieu, intendant de l'armée française, mandait que pour conquérir le royaume de Naples, il suffisait de quatre hommes et un caporal. M. d)B Villare, au contraire, qualifiait l'expédition d'extravagante. Le maréchal ignoraittoujours les véritables causes du départ des Espagnols , et rapprochant ce fait de l'envoi en Italie de nouvelles forces impériales, il en vint à soupçonner la possibilité d'un accord secret entre l'Espagne et l'Autriche .