CHAPITRE Vin
Expédition du chevâer d'Orléans sur les côtes du royaume de Naples — Ses instructions — Son arrivée à Naples — Conférences avec le duc de Montamar — Prise de GaBte — L'escadre française rencontre les galères du Roi — Curieux incident — Prise de Capoue — Campagne de, Sicile — Entrée triomphale et sacre du Roi Don Carlos & Palerme,
Depuis le mois de mars, une flottille de huit galères, placée sous les ordres du chevalier d'Orléans, graud prieur de France, se trouvait dans le port de Marseille. D'après un premier projet arrêté entre les cours de Madrid et de Versailles, elle devait opérer sa jonction, le 15 avril, aux îles d'Hyères, avec une escadre espagnole de sept galères, commandée par le chevalier Reggio, et de là se rendre dans l'Adriatique pour tenter quelque entreprise sur Trieste et empêcher l'Empereur de faire passer des secours dans le royaume de Naples. Diverses circonstances retardèrent l'exécution de ce projet. Le rendez-vous fut successivement fixé à Cagliari, puis à Naples, et le
conquête du royaume de Naples. Rien n'est plus étendu et plus flatteur que cette espèce de carte blanche; mais par la conquête presque entière du royaume de Naples et par le dessein où est le général espagnol de ne rien entreprendre sur la Sicile, les pouvoirs que vous me donnez me deviennent inutiles, si, par rapport à la situation des affaires dont je suis obligé de vous rendre compte, vous ne me donnez de nouveaux ordres.
Le lendemain de mon arrivée à Pouzzoles, qui fut le 1 4 de ce mois, je fus^ avec M. le marquis de Bissy, à une conférence chez M. de Montemar, oii se trouvèrent MM. de Reggio et de Glavqo. Nous expliquant au long sur son système dans le royaume, il nous dit qu'il s'était déterminé à suspendre le siège de Gapoue et à n'en faire qu'un blocus , alléguant pour tel effet plusieurs raisons plausibles dont le détail serait trop long, mais principalement la nécessité de s^assurer des frontières avant de songer à l'intérieur ; que, pour cet effet, son objet était de réduire incessamment Gaëte du côté de la Méditerranée, Reggio dans le phare et Pescara dans le golfe ; que ces places une fois rendues, alors S. M. catholique, n'ayant plus rien à craindre dans l'intérieur, serait en état d'aider puissamment l'armée de Lombardie, et, pour le présent, que ce qu'il y avait de. plus important et de plus utile pour la sûreté de l'armée de Lombardie, de laquelle dépendait la sûreté de la possession de Naples, était de boucher entièrement la conamunication de Fiume et de Trieste avec le Pô et le reste de la mer Adriatique. Ensuite m'adressant la parole: Cest donc à vous, me dit-il, Monsieur le général des galères du Roi très-chrétien, qui en cette qualité devez disposer des mouvements des escadres des deux couronnes, de voir avec M. Reggio ce que vous pouvez faire pour remplir l'intérêt de l'objet commun. M. de Clavijo a ordre de s'en retourner avec dix vaisseaux ; il ne nous en restera plus que quatre dans ce royaume avec nos sept galères, et je pense que
ces Torces sont si supérieures à celles de nos ennemis qu'elles n'onl pas besoin d*étre unies, attendu que j*ai quelque avis d*une ligue qui se trame entre les Lucquois, les Florentins, les Modénais et les Vénitiens pour faire entrer des troupes enne-* mies par la Toscane. Ces avis joints aux besoins du siège de Gaëte m'obligent à garder ici des forces maritimes.
Nous nous séparâmes sur cela et vînmes diner avec M. de Reggio chez l'ambassadeur de France pour nous y concerter. Tandis que nous examinions là navigation du golfe Adriatique, M. de Mon temar, qui, par le discours qu'il nous avait fait le matin, m'avait fait voir qu'il disposait à son gré de la marine d'Espagne, et que M. de Reggio ne serait à mes ordres qu'autant qu'il plairait au général de terre; M. de Montemar, dis-je, arriva chez H. de Bissy, au moment que M. de Reggio me disait qu'il voyait bien que le sort des convois tomberait sur lui, et que la croisière serait pour nous. Je vis qu'il insistait plus que jamais sur la nécessité des opérations du golfe; et comme il parlait toujours de Fiume et de Trieste^ craignant qu'il ne vint à parler de bombardement, je jetai à la traverse la pro^ position de ne pas s'enfoncer dans le goire, fondée sur les inconvénients que vous m'avez indiqués^ mais d'aller tout de suite en Sicile faire un débarquement de deux ou trois mille hommes seulement avec les troupes de la marine, l'assurant, comme je le pense dans le fond^ que le pays étant pour nous, la plupart des places abandonnées et les Allemands au nombre de quatre mille hommes au plus, rien ne serait plus aisé que d'y causer une révolution subite. M. de Montemar loua cette idée beaucoup plus qu'elle ne méritait, dit qu'il ne doutait pas même qu'elle n'eût un succès avantageux dans le premier moment; mais que si on ne la soutenait pas , et que si on n'envoyait pas ensuite un plus grand nombre de troupes, ce serait n'avoir rien fait, et qu'il ne lui était pas possible de se dégarnir de ses
troupes^ ayant sur eela des ordres trop positifs. Voyant donc qu'il revenait totgours à la nécessité de boucher Vimportante communication de Fiume et de TriestCj je me servis pour la dernière fois de l'avancement de la saison et de la nécessité de ramener les galères et les vaisseaux dans nos ports à la fin de la belle saison et de nos vivres. J^ajoutai que dans Fenvie d'être utile à Sa Majesté Napolitaine, à laquelle j'avais ordre de m^employer, tout ce que je pouvais faire était d'entrer dans le golfe sans m'enfoncer jusqu'à Trieste, et faciliter les entreprises sur les places de Galabre qui tenaient encore pour les ennemis
Hier, 17 de ce mois, la nouvelle d« la prise de Reggio arriva ici. M. le comte de S. Estevan me dit à cette occasion qu'il était persuadé que la réponse du Roi d'Espagne à la nouvelle de la victoire de Bilonto serait Tordre de marcher en Sicile^ ce qui m'a confirmé dans l'idée de partir aussitôt d'ici, et de ne pas passer les confins de la Fouille dans le golfe pour être à portée de tous les objets et de recevoir en même temps votre réponse par le retour du courrier qui me sera adressé en plusieurs endroits de la côte de la Galabre, où j'assignerai des rendez-vous convenus entre le général de Montemar,M. de Bissyetmoi.
J'ai, par rapport au service, plusieurs détails à vous mander que je remets, à une autre occasion. On ne peut rien ajouter à l'attachement avec lequel j'ai l'honneur d'être, etc.
Le chevalier d'Orléâiss.
{Archives de la marine. Dossier ^ ^Orléans, h 06.)
Les offres du grand prieur furent agréées par la cour de Naples. On renonça définitivement à l'expédition de Fiume et de Trieste, et l'on convînt que les galères de France iraient tenter un coup de main sur
Brindisiy sans pénétrer plus avant danô TÂdriatique. Le 19, Tescadre appareilla , le cap sur le détroit oe Messine. Peu de jours après , M. de Montemar partit pour Gaëte, dont il allait commander le siége«
Cette place était investie par le duc de Lîria; il avait avec lui son royal cousin Charles-Edouard/ qui venait apprendre dans les rangs espagnols comment on conquiert un royamne. A l'arrivée de M. de Montemar les opérations du siège étaient déjà fort avancées, grâce aux renforts amenés de Barce* lonne parle convoi de M. deReggio. Elles furent poussées avec une nouvelle activité sous la direction du capitaine-général, et, vers la fin de juillet, on n'attendait que le Roi pour battre en brèche. Le 50, au soir, Sa Majesté, suivie de tous les membres de son conseil et d'une foule, de personnes de distinction, s'enlbarqua à bord de la galère capitane d'Espagne ; deux autres galères, toutes flammes dehors, lui servaient d'escorte. Le lendemain matin, elles jetèrent l'ancre dans le golfe de Gaëte, et le feu s'ouvrit aussitôt sur tous les points. Vingt- cinq pièces de canon et autant de mortiers battaient la ville du côté de la terre, une batterie flottante la canoimait du côté de la mer. Le Roi visita les travaux et fit distribuer deux cents pièces d'or aux hommes de tranchée.
Le feu se poursuivit avec tant de vigueur et de succès que, le 6 août, le comte de Tuttenbach, commandant de la place, s'offrit à capituler. Il demandait passage pour rejoindre l'armée de Lombardie ; mais cette faveur lui fut refusée. La capitulation portait
que la garnison serait^ conduite ^ avec les honneurs de la guerre, jusqu'à Fendroît où les Espagnols avaient ouvert la tranchée; que là, elle se rendrait prisonnière de guerre et serait désarmée, à la réserve des officiers, auxquels on laisserait leurs armes et leurs équipages. M. de Tuttenbach obtint seulement, pour lui et son état-major, d'aller passer quelque temps à Rome, sur parole. Plus de six cents hommes de la garnison, qui se composait de dixbataiDons, passèrent dans les rangs de l'armée espagnole. On trouva à Gaëte cent pièces de canon de différents calibres, trente mille bombes, quarante mille boulets et des approvisionnements de toute espèce.
Une partie des troupes et de l'artillerie fut dirigée sur Gapoue, qui n'était toujours que bloquée, et le Roi reprit la route de Naples, accompagné du duc de Liria et du prince Charles-Edouard. Â la hauteur de Pouzzoles, les galères espagnoles furent rencontrées par l'escadre française, qui , aptes une croisière insignifiante, se rendait à Gaëte avec l'espoir d'arriver à temps pour participer aux travaux du siège. On verra, dans la pièce suivante, un curieux récit de cette rencontre et de la scène vraiment comique à laquelle elle donna lieu.
Extrait d'une relaiton ihi BaiUI de PAubépIne, eheff
- d^eéeailre.
Nous apprîmes en arrivant que le Roi de Naples était au siège de Gaëte, qui semblait menacer de faire une bonne défense et de
teDir encore plusieurs jours. Je proposai à M. le grand prieur de ne pas perdre un moment pour s'y rendre, attendu que les galères d^Espsf gne qui avaient porté Sa Majesté étaient mouillées le long de la plage à deux milles de cette ville, et je pris la liberté de lui dire qu'il ne devait pas avoir les bras croisés quand la guerre était près de lui. Comme il ne manque pas de volonté, il m'éceuta avec plaisir et manda à M. le duc d'Ënville de le Venir joindre avec V Ambitieuse qui élait avec lui, et nous nous préparions à partir lorsque le consul envoya un courrier de Maptes à Pouzzoles pour apprendre à M. le grand prieur que Gaëte avait capitulé, quoiqu'il n'y eût pas de brèche à la place ni aucun dehors qui fussent pris. Le courrier que M. le grand prieur avait envoyé à M. l'ambassadeur de France pour l'avertir de l'arrivée des galères et du dessein où il était d'aller à Gaëte, lui confimaâ la prise de cette place et lui fil part du retour du Roi à Naples^ que les galères devaient porter. Le lendemain les galères partirent pour aller à Naplçs ; elles mouillèrent en dehors du môle et se préparèrent à aller au-devant du Roi.
Le Roi n'arriva pas ce jour-là, parce qu'il y avait vent contraire ; mais' le lendemain, à la pointe du jour, le canon de Baia et celui de Pouzzoles nous annoncèrent Sa Majesté. CiMnme M. le grand prieur était encore dans son lit^ M, de Gardane vint me parier et me demanda si je voulais, pour être plus tôt prêl|, qu'on laissât l'ancre et les amarres, ce qu'on appelle passer par l'œil; je répondis que c'était mon avis, mais que cependant j'éveillerais le général pour savoir s'il le trouvait bon. Je le fis, et il l'ordonna.
M. le grand prieur avait envoyé le briganlin des Espagnols dont j'ai parié dans le miheu du canal de Naples, à l'ile de Procida, pour nous avertir par un signal quand il reconnaîtrait les. galères où le Roi était embarqué. Un moment après, quand nous eûmes jeté nos ancres et nos amarres, M. de Gardane m'envoya
dire de ta proue que les galères d'Espagne se découvraient, et qu'elles étaient près de nous. Je fis mettre le signal pour nous mettre en bataille et ensuite la sainte-barbe pour saluer. J'étais auprès de M. le grand prieur, qui s'était levé, et de M. te chevalier d'Albert, qui était volontaire sur la galère. L'ayant conseillé devant moi d'attendre ce brigantin qui venait à nous pour apprendre ce qu'il voulait, je répondis : — Qu'avons-nous à faire de ce brigantin? Nous perdons du temps à l'attendre, et il vaut mieux aller avant. — M. le grand prieur, qui était toujours monté à la grande octave quand il était question de mes décisions, prit ou fit semblant de prendre pour lui ce que j'avais dit à M. le chevalier d'Albert, et se tournant de mon côté il me dit : — Monsieur, ne vous enrhumez pas à crier; pourquoi sont faits mes ordres?— Je lui répondis : — Monsieur, vous prenez pour vous ce Qui est adressé à M. le chevalier d'Albert; je sais garder le respect que je vous dois quand je vous porte la parole. — Et pardi ! me répondit-il, je le crois bien. — Monsieur, lui di^-je, nous sommes donc une fois du même avis ; mais soyez» s'il vous platt, persuadé que si je m'enrhume, c'est pour le service du Roi et pour votre bien. — Il ne put s'empêcher de se faire violence et de m'embrasser. Ce que j'avais prévu se trouva si vrai que, quelque diligence que nous pussions faire, nous n'eûmes le temps que de mettre quatre galères en bataille^ parce que celles du Roi étaient sur nous, et après une salve de mousquçterie et de canon, nous nous ouvrîmes pour laisser le passage à Sa Majesté, et nous fûmes reprendre nos postes.
M. le chevalier de Saiut-Georges (1), fils du roi d'An-
Ci) Charles Edouard portait ce nom ainsi que son père et son grandpère. . ^
gleterre, était à Naples; on nous avertit, quoiqu'il y fût incognito, de suivre M. le grand prieur pour le saluer. Nous trouvâmes un jeune homme de treize ans, pourvu d*un esprit prématuré et d*une politesse achevée. Sa cour était médiocre et convenable à son état. M. le grand prieur lui donna trois jours après un dîner superbe^ sans aucune décoration pour les ornements et le canon. Le duc de Liria y était aussi •
{Arch. de la Marine. Dossier dVrléarà, n» 102.)
Des ordres de Versailles rappelèrent en France le chevalier d'Orléans au moment où Ton s'occupait simultanément du siège de Capoue et de Texpédition de Sicile. On a vu que le plan de M. de Montemar consistait à s'assurer des frontières avant de rien entreprendre contre les places de l'intérieur et les provinces au-delà du Phare. Â l'époque du départ des galères de France , toutes les places maritimes se trouvaient au pouvoir des Espagnols ; Pescara, Gallipoli et Brindisi s'étaient rendues presque en même temps que Gaëte ; Reggio dès le mois de juin. Le comte de Gharny fut chargé de transformer en siège le blocus de Capoue, seul point de quelque importance qui tint encore dans le royaume de Naples ; M. de Montemar se réserva le commandement de l'armée qui devait passer le détroit.
Les abords de la ville de Capoue furent promptement emportés par les Espagnols, mais la citadelle fit une longue défense. Enfin, le 22 novembre, le comte de Traun prit le parti de battre la chamade, à cette
les désordres. On fournira des bâtiments de transport pour les troupes et les chevaux, de même que tout ce qui sera nécessaire à cette fin, et le tout se paiera comme le paie S. M, Cath, elle-'méme, sans qu'on y mette aucune différence.
Refusé en conséquence du 3^ article.
fit. m\
On fournira à bon compte le pain, les fourrages, les dépenses de rembarquement et les provisions nécessaires de vingt jours pour le voyage de mer, et en argent comptant 35,000 ducats.
Accordé, qu'on puisse envoyer deux officiers à Borne pour apprendre s'il y a un ar-
seulement pour régler et faire fournir le nécessaire, mais aussi pour empêcher le trouble que les militaires ou les gens de la campagne pourraient causer à nos troupes. De notre côté on observera la discipline la plus exacte» et^ s'il survient quelque difficulté, les ofBciers des deux armées s'assembleront pour empêcher tout désordre.
40 Si la garnison, à son arrivée sur les terres de l'Église, n'y trouve pas les voitures et les chevaux nécessaires pour le transport mentionné^ il lui sera permis de se servir de ceux du Royaume jusqu'à ce qu'elle en ait trouvé d'autres dans les États du Pape.
50 La garnison se trouvant dénuée d'argent, elle supplie l'ennemi de lui prêter 35»M0 ducats de Naples , en donnant , de son côté, toutes les cautions accoutumées en pareilles occasions, et {n'omettant de les rembourser avec exactitude.
60 Les articles étant ratifiés de part et d'autre ne seront mis en exécution qu'après le
mistice au bien Un secours à attendre, et Von donne six jours de temps pour prendre les informations, et tout le mois de novembre pour la consignation , ce qui est ainsi à entendre^ que si le 30 de ce mois de novembre le secours n'arrive pas ou les ordres réciproques pour une suspension d'armes, laplace sera remise, et l'on donnera de part et d'dutre des otages.
Refusé par l'article 3.
On accorde à la ville tous ses privilèges^ et, pour ce qui regarde les particuliers, ils seront compris dans les article publiés du pardon gênérai. Cet article sera plus amplement appliqué j et Von donnera une liste des individus qui doivent y être compris.
Refusé.
retour des deux ofRclers qu'on enverra à Rome.
70 On demande des assurances que les troupes de France ou de Savoie n'apporteront aucun empêchement à la marche de la garnison en Lombardie.
80 Que les habitants de Gapoue soient maintenus dans leurs privilèges ; qu'on ne leur impute rien et qu'ils ne soient molestés pour rien de ce qu'ils ont pu faire pour notre service jusqu'au jourdeTévacuation de la plaée, et qu'on fasse grâce à ceux qui sont en prison ou déjà condamnés sous ce prétexte.
90 L'ennemi se chargera des dettes que nous avons faites pour les fortifications.
L'ewnem paiera au public et aux particuliers tout ce qui se trouvera leur être dûy sans quecependant les troupes puissent être arrêtées pour les dettes dont il est fait ici mention; il les acquittera du reste dans le temps qu'il satisfera aux autres.
BefUsé.
i 0^ Ati contraire, nous paierons les dettes contractées pendant le blôcus potir l'entretien des troupes, soit en aident, soit en provisions de bouche, comme les cautions en font foi.
Accordé pour trois mois.
440 Les soldats et officiers appartenant aux bataillons de la garnison qui ont été faits prisonniers dans les châteaux du Royaume ou autres endroits, jouiront de cette capitulation et seront remis en liberté.
420 Les ingénieurs et autres gens de l'artHlerie, originaires du Royaume, qui voudront s'y arrêter quelque temps, en obtiendront la permission s'ils la demandent.
430 Enfin, Ton exécutera de part et d'autre tous les articles .tvec exactitude, sans fraude ni tromperie, et comme cela se pratique religieusement en semblable conjoncture.
Avilcles séparés»
On lui donnera pour sa su- 4© L'article 3 ayant été refureté une escorte de vaisseaux se , et la garnison devant être
Accordé.
de guerre espagnols jusqu'à Fiume ou Trieste comme on le demande dans V article.
Accordé.
Accordé , à condition qu'il dépendra de M. le comte de Chamy de garnir le chemin
jBmbarquée , oi> demande une escorte de vaisseaux de guerre et des assurances contre toutes sortes de corsaires^ espagnols, français ou piémontais.
20 Quand on sera convenu des deux côtés des articles de la capitulation, on se donnera de part et d'autre^ des otages qui se tiendront, autant qu'il sera possible, entièrement réservés, tant dans leur conduite que dans leurs discours. Ceux de l'ennemi ne pourront entrer dans les fortifications de la place, dans les magasins, ni casernes; de même que les nôtres ne s'ingéreront pas dans les affaires de l'ennemi et n'auront pas la curiosité de vouloir savoir leurs forces et leurs quartiers. On défendra aussi de notre côté qu'aucun de la garnison ne passe au-delà des postes avancés sans un passeport du général commandant.
L'ennemi fera de son côté la même défense, afin qu'il n'y ait point de communication.
30 Quand les officiers qu'on envoie à Rome seront de retour avec la nouvelle que la placé
ciJ^ert â^autant de monde qu'il le jugera convenable, comme il dispose actuellement qu'il soit garni de six cents ^hommes.
ne peut être secourue pour le 30 du courant, et qu'on ne peut non plus avoir connaissance d'une suspension d'armes ou d'un traité de paix» les ennemis pourront occuper les dehors de la place, c'est-à-dire les cinq flèches et le chemin couvert, et le garnir comme il Fest actuellement, avec cette circonstance qu'ils pourront de plus établir une garde à la porte de Naples, nous réservant cependant la liberté de l'ouvrir ou de la fermer selon notre bon plaisir, d'y faire entrer ou d'en laisser sortir toutes les personnes qui n'en sont pas empêchées par le blocus. Quant aux ouvrages intérieurs de la forteresse, forts, bastions, ravelines, nous les occuperons jusqu'à la dernière évacuation de la place, qui se fera dans tout le 30 du courant de l'année présente.
Pa camp du blocus de Capoue, le %^ Fait k Capoae,le 24 novembre 1734, BOfembre 1734.
Le général commandant les troupesde S. M. impériale.
Emmanuel, comte de Gharny . Comte de Traun.
Les treize articles de cette Capitulation pour la reddition de la forteresse de Capoue, et les trois articles séparés, avec les annotations marginales, sont les mêmes dont je suis convenu et tombé d'accord avec M. le comte de Traun, général commandant de la place sus-mentionnée pour la consignation d'icelle. En foi de quoi je confirme la présente capitulation.
Les officiers envoyés à Rome, auprès du cardinal Gienfuegos, ambassadeur d'Autriche, t^evinrent sans réponse ^tisfaisante. Aucun secours n'était annoncé et Ton ne parlait pas de suspension d'armes. En con* séquence, la capitulation fut exécutée le jour dit, et la garnison, forte de quatre mille six cents hommes, dirigée àur Manfredonia , d'où on la conduisit Si Trieste.
A Naples, tout est sujet de fêtes. La reddition dé; Cap^e ihi^ célébrée avec autant d'enthousiasme que l'avaient "iSté l'entrée de D. Carlos dans la capitale, la cérémonie du couronnement et la victoire de Bi^^ tonto ;>les Te Deurn^ les feux de joie , les illumina-^ tions , les réjouissances de tous genres ne disc<H[iti^ nuèrent pas pendant plusieurs joui*s. Deux nuits durant, Naples fut illuminée à giorno. Le mois suivant , l'enthousiasme reprit son coui's lorsqu'on vit arriver deux députés de la ville de Palerme qui venaient prêter serment de fidélité au nouveau Roi. La prestation de l'hommage se fit en grande cérémonie, le 5 décembre.
Ceci nous amène à parler de l'expédition de Sicile qui marchait à grands pas au moment ;dé la chute de Capoue.Nous esquisserons rapidement cette guerre de sièges , dont les circonstances ne présentent que peu d'intérêt.
Les troupes espagnoles destinées à agir au delà du détroit s'étaient embarquées à Naples, du 21 au 24 août précédent. Elles se composaient de dix-huit mille hommes d'infanterie et de deux mille chevaux.
Arrivés en vue du Phare, la floUe se sépara. Une partie des troupes , commandée par le comte de Marsillae, prit la route de Messine et débarqua à la tour del Faro (1) , dont la garnison se replia sur Messine ; l'autre , sous le commandement de M. Montemar, longea la côte septentrionale de l'Ile, passant au large de Milazzo^ de Sànt-Âgata , de Cefalù, de Termini, et prit terre entre cette dernière ville et Palerme, à Solanto.
Placée au pied du nK>nt Pellegrino , au Iblid ^une baie délicieuse où viennent affluer plusieurs^ rivières, exposée au vent du nord qui tempère son climat brûlant, Palerme était alors ce qu'elle est encore aujourd'hui, un séjour enchanteur, une oasis au milieu des plaines brûlées de la Sicile. Une multitude de sources vives arrosent ses jardins d'orangers et y entretiennent une fraîcheur et une végétation merveilleuses. Ses palais somptueux, aux murs incrustés de mosaïques , ses larges rues qui aboutissent presque toutes à la mer, se terminant par de grandes arcades en marbre blanc, lui donnent un aspect oriental qu'on ne trouve ni à Naples, ni à Messine. En revanche , Palei^me était une détestable place de guerre. Cette ville, d'une lieue et demie de eirq)nférence , était h peine défendue par une muraille en mauvais état^ droite, sans angles saillants ni rentrants, sans aucune défense et aucun couvert. Le château^ situé sur le
(4) La tour del Faro se trouve à rentrée du détroit de MessÎDe et à Tendroit où il e&t le plus étroit. Cette tour sert de Canal.
bord de la mer, avait ses boulevards occupés par la célèbre promenade de la Marine et les jardins du vice-roi ; de soite que l'ennemi, en arrivant, pouvait se loger sous les bastions. L'officier impérial qui y commandait n'essaya donc aucune résistance , jeta quelques centaines d'hommes dans le fort de Castel a mare et alla s'enfermer à Trapaui.
Quant à M. de Montemar, il efïS&ctua tra&quiUement son débarquement , aux acclamations de toute la population, qui paraissait généi*alemeut hostile au gouvernement autrichien. < Le 50 du mois derniei*,
< écrivait-on de Palerme le 4 septembre , les troupes « espagnoles qui étaient arrivées la veille à la rade
< de Solanto, achevèrent de débarquer, et le duc de
< Bitonto en fait la revue. Le même jour, le Sénat, à
< la tète duquel étaient le prince de Palagoylia et le fils c aîné du préteur du royaume, se rendit au camp des
< Espagnok pour prêter serment de fidélité au Roi « de Naples, et il fut suivi par un concours extraor-
< dinaire de la noblesse et du peuple, qui marquaient
< la joie qu'ils avaient de passer sous la domination « de Sa Majesté. Le lendemain, le duc de Bitonto, t après avoir donné l'or<lre dé débarquer l'artillerie
< pour attaquer le château de Castd a mare , où il y « avait trois cents Impériaux, se mit en maiH^he avec « le corps de troupes qu'il commande, et il afta éam- « per à Malaspina, où il i*eçut, au nom du Roi, « Tbommage de plusieurs baroiisetd*uu^rand nombre « de gentilshommes qui n'avaient pu se trouver au « lieu du débarquement. Le Sénat ayant envoyée le
€ 2 de ce mois , une députation au duc de Bitôuto 4 pour l'informer que tout était prêt pour sa récep-
< tion dans cette ville , le «général , accompagné de
< tous les généraux et de la plupart des officiers de « Tarmée, alla à cheval, de la maison du duc d'Es- € perlinga, où il était logé, au couvent de Sainte-
< Tl)érèse, où le Sénat et la noblesse Tattendaient ;
< et étant monté avec le prince de Butera, premier c bai'on du royaume, dans le carrosse du Sénat, qui
< était précédé par la compagnie des hallebardiers, € il fit son entrée dans la ville par la Poi%e Neuve. € Après avoir traversé la place du Gassaro, qui était « ornée magnifiquement, et dans laquelle , ainsi que a dans toutes les rues par où il passa, les troupes « étaient rangées en haie et sous les armes, il se ren- € dit eu l'église cathédrale, à la poite de laquelle il fut « reçu par l'archevêque et par le chapitre, et il asa sista au Te Deum. Le Roi fut ensuite proclamé, et
< le duc de fôtonto ayant juré que les privil^es de € la ville lui seraient conservés sous le nouveau gou- € vernement, il fut conduit au palais par le Sé-
< nat (1). » Avant la fin de septembre, le fort de Castel a mare était occupé par les Espagnols , ainsi i^pie tous les. points importants de la côte nord de|nl» Milazzo jusqu'à Trapani. *•
Mesriine, Syracuse et Trapani capitulèrent successivement, après une résistance honorable.
Ces trois places tenaient encore lorsque ftK de
(1) Gazette de France, n" du t octobre i!734r.
Montemar fut rappelé et remplacé par le marquis de Grazia Réale. Arrivé à Naples dans les premiers jours de décembre, il en repartit au commencement du mois suivant à la tête d'un premier corps de quinze mille hommes que le Roi envoyait en Lombardie pour renforcer les armées combinées de France et de Sardaigne. Le 3 janvier, D. Carlos quitta la capitale, se rendant en Sicile par la voie de terre.
Le voyage devait durer quarante jours. Ce fut une ovation continuelle. Les populations de la Principauté Ultérieure^ de la Basilicate et des deux Calabres le portèrent en triomphe jusqu'à Palmi, où il s'embarqua le 9 février. Des canots innombrables, richement pavoises et ornés de symboles allégoriques, réunis par les soins du prince Ruffo , se groupèrent autour du vaisseau royal et Tescortèrent jusqu'à Messine. Cinq gondoles privilégiées portaient les plus belles femmes de cette ville, € où les femmes sont généralement fort belles, 9 dit l'historien Coletta. Ce fut au milieu de ce cortège que le Roi enti*a dans le port de la seconde capitale de l'Ile, car Messine n'a jamais reconnu la
suprématie de sa rivale.
0eux mois après, il fit son entrée triomphale à Palerme avec une pompe qui embarrasse la plume de rbîslorien. Laissons parler les récits du temps.
■•ki«i«B do l'enéfée «rlonplialo et da mmttre «e A. M. le WLmi «iMi CariM, UÊtmmi d^BspiisiM, B«l de nei^M et «e flielle, à Païenne, lee 30 Jain et 3 JalUet 4 735.
Le Roi des Deux-Siciles s'est arrêté à Messine jusqu'au 1 6 de mai. Il s*embarqua ce jour-là sur la galère capilane, et arriva à Païenne le 4 8 au matin ; mais comme les préparatifs pour sa réception n'étaient pas encore achevés , il dina sur la galère qu'il montait, et, étant débarqué dans Taprès-midi, il entra en carrosse dans la ville, où il fut reçu par les magistrats au bruit de plusieurs salves de canon et de mousqueterie, et des acclamations réitérées du peuple.
Le 30 juin, jour destiné pour l'entrée publique, toutes les personnes qui devaient s'y trouver ayant été averties par D. GiuseppePape, prince de Valdina, protonotaire du Royaume» s'assemblèrent de bonne heure à l'esplanade de Saint-Erasme, entre les murs de la ville et la mer, oii le régiment des gardes italiennes de D. Fr. Garafa, prince de Colobrano, était rangé en ordre de bataille. Le Roi, accompagné des seigneurs de sa cour, s'étant rendu au même Heu, entra sous une magnifique tente qu on lui avait préparée ; les régiments des gardes espagnoles et wallones en occupèrent les environs, et D. Francesco Pimentel, duc d'Ariola, premier gentilhomme de la Chsanbrede sa Majesté, lui présenta D. Michèle Branciforte, prince de Butera, premier baron du royaume. Le Roi^ qui était sous un dais, le reçut debput el couvert ; le prince de Butera, à genoux, oûmplimenta S. M. au nom de la noblesse et lui témoigna en peu de mots la joie que les Siciliens avaient d'être sous sa domination. l^Roi lui répondit en termes obligeants. Le prince D.Bartolomeo Corsini , grand écuyer, présenta l'étendard royal à S. M. qui le donna au prince de Butera ; le marquis Xavier Gravina, adju-
dant du Roi, donna en même temps un signal auquel rartillerie des remparts de la ville et du cbâteau répondit par une saWe générale, et la marche commença dans Tordre suivant :
Le régiment d'infanterie des gardes italiennes, les valets de pied du Roi , les pages à cheval, ayant le duc de Quiras, jeur gouverneur, en tête; D. Bemardo Gravina, prince de Rammacea, grand justicier de la ville, précédé de ses hallèbardiers et accompagné d*un des juges de sa cour; les députés du royaume avec leurs massiers, et les trois gouverneurs du ban de la ville; les barons et la principale noblesse deux à deux; les tambours, trompettes et hautbois du Sénat et ceux du tribunal du domaine ; les rationaux et le procureur fiscal du même tribunal ; les procureurs fiscaux de la grande cour ; TofiScier delà chambre de la Reine; les secrétaires du Royaume et le secrétaire et maître-notaire du tribunal du domaine; le chef ou premier président de la grande cour, avec la baguette à la main ; les évêques, abbés el autres prélats ayant séance aux Ëtâts^ d'un côté et de l'autre côté, pareilleoient deux à deux; les ministres du conseil sacré, tous à cheval; leamas^ters du Sénat; D. André Riggio, prince de la Gatena, grand trésorier; la compagnie des hailebardiers de la garde, commandée par D. Blariano Naselli; un détachement des gardes di^ corps; )es majordomes ; D.Joseph Bezza,I«>' aumônier; les gentilshommes de la chanibre^ tant d'entrée que d'exercice et les adjudants 4u Roi, tous deux à deux ; le prince de Butera, portant Tétendard royal, marchait devant le Roi, qui était à cheval sous un dais porté par les sénateurs de la ville qui étaient couverts, comme représentant le sénat des grands d'Espagne, et avaient à côté d*eux les officiers nobles de la ville.
Don Ignace Lanza , prince de Trahbia , second baron du Royaume, était la tête nue, à la droite du Roi, et François Bonanno, prince de la Gattolica, piéleur de la ville ; était à la
gauche, mais couvert ; le duc de Gastellucio^ dépositaire des douanes royales, marchait découvert derrière le préteur de k ville, et les écuyers de campagne étaient à la tète du cheval du Roi.
Le prince Gorsini à cheval, et portant l'épéedu Roi hors du fourreau, était à la droite de S. M., et sur la même ligne hors du dais. Le Roi était suivi de D. Lelio Garafa, marquis d'Arienzo, capitaine de ses gardes, lequel marchait entre le comte de San Estevan, majordome-major, et le duc d'Ariola. La marche était fermée par la compagnie des gardes du corps et par les carrosses du Roi, de Tarchevéque de Païenne, des évéques, du premier et du second baron du royaume et des principaux sénateurs.
En arrivante la p(»rte des Grecs, hors de laquelle on avait élevé un arc de triomphe^ le Roi y trouva Tarchevêque^ qui était sorti de la ville avec le clergé séculier et régulier; il descendit de cheval, et s*étant mis à genoux il baisa la croix que l'archevêque lui présenta; il remonta ensuite à cheval. L'archevêque prit son rang entre les prélats, et la cavalcade eontinua sa marche hors de la ville^ jusqu'à la porte Fetiee, c'est-à-dire heureuse.
Le préteur sortit en cet endroit de dessous le dais, et s'étant mis à genoux il présenta au Roi les clefs de la ville, où Ton entra aussitôt après au bruit de rartillerie, et le Roi fut conduit à l'église métropolitaine par la grande rue de Gassaro, qui était ornée de tapisseries et d'arcs de triomphe et bordée de la bourgeoisie sous les armes, sans autres troupes, S. M. ayant bien voulu honorer la ville dePalerme de cette marque de confiance, r Le prince de Butera criait de temps en temps : la Sicile, là Sicile, la Sicile,' pour le Roi Charles, infant d'Espagne ! Le prince de la Trabbia lui répondait : Qu'il vive, qu'il vive
harles, infant d'^Espagne /ce qui était toujours suivi des accla-
malions du peuple aucpiel le trésorier général jetait des espèces marquées au coin du Roi.
L'archevêque, revêtu de ses ornements pontificaux et étant à la tête du chapitre, reçut le Roi à la porte de l'Église métropolitaine, lui présenta Teau bénite, et ayant entonné au même moment le Te Deum, le conduisit au grand autel, à côté duquel on avait préparé un trône pour S. M., qui s'y assit, ayant à ses pieds le prince de Rutera avec l'étendard, et le prince Corsini avec Tépée, et derrière elle le comte de San-Estevan et le marquis d'Ârienzo.
Après le Te Deum et les autres prières, le Roi, ayant reçu la bénédiction de l'archevêque, se couvrit ; les grands d'Espagne, la tête couverte, et les autres seigneurs prirent leur place autour du trône, et le protonotaire du Royaume lut la formule du serment de fidélité et de l'hommage qu'ils vinrent prêter successivement à genoux et en mettant les mains sur le Missel, qu'ils baisèrent ensuite avec la croix, d'abord les évêques, après eux les barons, et, en dernier lieu, le préteur du royaume et les procureurs des autres villes. ^
Le Roi se leva, ensuite se découvrit, et, tenant la main nne sur l'Evangile, jura de ne donner aucune atteinte aux Constitutions de l'Etat et aux droits de la nation, suivant la formule que le protonotaire, ayant un genou en terre, lut par son ordre. S. M. baisa une croix que le premier aumônier avait posée avec un Missel sur son prie-Oieu, et le préteur de Palerme s'étant mis à genoux et ayant prié le Roi de vouloir bien jurer aussi de conserver les privilèges de cette ville, S. M. lui accorda cette grâce, après s'être couverte, en mettant la main gantée sur le livre des privilèges. Le Roi descendit ensuite du trône, salua le grand autel, et, après avoir fait sa prière devant les relfques de sainte Rosalie, vierge native de Palerme, qui Ta choisie pour sa patronne, il re-
Italiennes, qui étaient sous les armes dans le parvis de Téglise et sur la place devant le palais, firent une décharge de mousqueterie qui fut le signal d'une salve générale de rartillerie de la ville, du chftteau et des galères.
Le prince Corsini prit alors l'épée du Roi pour la porter devant lui pendant toute la cérémonie ; rarchevéque se mit à la droite du Roi, Tévéque de Catane à sa gauche, et les deux prélats conduisirent S. M., dont le manteau était toujours soutenu par le comte de S. Estevan et le duc d'Arion, jusquau trône, où ils4*introduisirent avec les prières accoutumées qui furent suivies du Te Deum, pendant lequel le Roi fut toujours debout.
Les deux prélats étant retournés à l'aulel, on continua la messe ; à rOffertoire , le Roi descendit du trône avec la couronne et le sceptre , il se mit à genoux devant Tarchevéque, lui présenta trois cents pièces d'or frappées à son coin, et retourna au trône.
Lorsqu'on fut près de la Consécration, le duc d'Arion monta au trône, prit la couronne et le sceptre, les posa sur un bassin porté par un officier de la Chambre et les remit au prince de Butera; le duc d'Arion alla ensuite reprendre son .rang, et le prince de Butera se plaça un genou à terre à côté du prince Corsini. On fit, à l'élévation, une seconde déchaîne de mousqueterie et d'artillerie. A YAgnus Dei, l'évêque de Catane vint présenter le pain au Roi, et , un moment après, S. M., dont le manteau était soutenu par Don Louis , comte de Vintimille, et Don Ignacio Gravina, marquis de Francofonte, alla à l'autel ; le prince de Butera suivit le Roi, qui reçut la communion des mains de Tarchevêque, le comte de S. Estevan et le duc d'Arion tenant la nappe. L'archevêque donna au Roi de Teau et du vin dans le même calice qui avait servi à la consécration, et S. M., s'étant essuyé les lèvres avec la serviette qui lui fut présentée
par le duc de Montalbano, remonta sur son trône» oh le duc d'Arion lui remit la couronne sur la tête et lui rendit M sceptre.
Il y eut une trolsibiDe salve de mousqueterie el d'artillerie lorsque Tarchevêque donna la bénédiction ; ce prélat descendit de Tautel et salua le Roû qui était aussi descendu du trône, et qui retourna au palais aveo les ornements royaux et le métee cortège.