CHAPITRE IX
CampajDB de 173b en Loffikrdie — PolitiqDB dB la cour de Sardaigne — Conlérencss de Parme — Marche offensive des alliés sur la rive gauche da Pô — Blocus de Hnalone — Conlérences de Marnirolo et de Sl-Martis de Bozzolû — Difficultés entre l'Espagne et la Sardaigne — Armistice do Mentcue — Retraite de H. de Hontemar.
Au niomont de l’ouverlurc de la cnmpagiic , voici quelle était la position respeetive dos armées alliées et uutrichicnife.
Les Impériaux, commandés par le comte de Wallis, pendant l’absence de M. de Kœnigscck, occupaient les deux rives du Pé, depuis rembouchure de ce fleuve jusqu’ù Ustinuo. Entre le Pô et le Mincio, ils étaient maîtres de tous les postes qui pouvaient assurer leui's communications avec le Bressan , le Trcntin et la fameuse citadelle de Mantoiic, leur place d’armes. Sur l’autre rive, le Miraudolais était en leur pouvoir ainsi que Rovere et tous les villages jusqu’au pont do Boi^ofortc. M. de Wallis avait son rpiarticr général à San Bencdetlo.
Les troupes françaises et celles du Roi de Sardaij^c occupaient, à la droite du Pô, le Modénais, le Guastallais, le Plaisantin et le Tortonais^ à la gauche du fleuve, la partie du Crémonais située derrière le canal Pallavicini, depuis Crémone jusqu'à Casai BuUmo, le Lodésan, le Milanais, le Pavesan et le Vigevanasque; elles n’avaient sur l’Oglio que le poste deSoncino, gardé par deux bataillons. Le quartier général du maréchal de Broglie" était à Crémone.
Quant aux EIspagnols, ils étaient airivés à Arezzo, eu Toscane, dans les derniers Jours de janvier. Une partie de leurs troupes se disposait à assiéger les places Impériales des Présides , qu’on avait négligées l'année précédente en marchant sur Naples ; le gros de l’armée campait entre Sienne et Florence, et ti*ois mille hommes dans la vallée de Mogello, sur la frontière du Bolonais, pour surveiller la gauche de l’armée impériale. M. de Montemar pouvait avoir sous ses ordres vingt- cinq mille hommes environ.
Divers plans de campagne avaient été mis en avant et tous s’accordaient à regarder Mantoue comme le véritable but des opérations de cette année. C’est à Mantoue qu’il fallait aller signer la paix. Mais une pareille entreprise exigeait de la part desalliés une entente parfaite, et il était fort à craindre qu’il n’eu fût malheureusement tout autrement. Le Roi de Sardaigne ne paraissait nullement disposé à se départir de su politique ; son but était toujours le même : empêcher à tout prix l’expulsion totale des Autrichiens pour empêcher par contrecoupl’cxécutioii du traité de l’Escurial et l’établisse-
meut dans le Maulouan d’une branche espagnole de la maison de Bourbon. Pour arriver à ce but il avait déjà paralysé , presque compromis les operations de la campagne de 1734, et l’arrivée des Espagnols sur le théâtre de la guerre devait nécessairement augmenter ses défiances, t II a paru jusqu’à présent , mandait € M. de Fontanieu à M. d’Angervilliers, que l’cxpul- « sion totale de l’Empereur de l’Italie n’était pas l’objet 1 de la cour de Turin. Content de la conquête du ■ Milanais et de ses dépendances qui lui ont été assu- « rées par notre traité avec lui, le Roi de Sardaigne a « voulu s’agrandir aux dépens de l’Empereur , mais f non pas étendre son pouvoir en partageant scs déc pouilles avec une autre puissance, surtout avec une
< branche de la maison de France. Il craint plus la c grandeur naissante du Roi des Dcux-Siciles que l’in i- * mitié de la maison d’Autriche qui s’éclipse. Le Roi de
< Sardaigne veut établir une balance de puissance € entre l’Espagne et l’Empereur, dont il tirera touc jours avantage ; possédant un pays sur lequel l’une c et l’autre de ces puissances ont des droits, il songe à c s’en assurer la conquête en opposant les mêmes
< droits les uns aux autres (1). >
Voilà ce qu’écrivait un homme bien informé, que ses fonctions mettaient en rapports fréquents avec M. deSeneterre, l’ambassadeur de France à la cour de Sardaigne. Nous revenons sur cét ordre d’idées , parce qu’il est très-important de s’en pénétrer avant
(t) Archiva du dépôt de la guerre, S810, 400.