LES ADIEUX, LE TRIOMPHE
Le mois de septembre de l'année 1813 touchait à sa fin; l'hiver allait commencer, la guerre ne pouvant plus continuer que quelque temps, grâce à la clémence de la saison, moins violente cette année qu'elle ne l'était d'habitude sous ces climats, tout annonçait que les coups dont les ennemis allaient s'accabler décideraient de la suite des hostilités.
Mais comme tous les efforts des Américains devaient se porter sur Montréal, si jamais ils étaient victorieux, on ne pouvait songer à laisser Nélida exposée au sac d'une ville qui serait livrée au pillage et à toutes les horreurs dont la souillerait une soldatesque impitoyable, en cas de réussite. On décida donc que le vieux missionnaire la conduirait immédiatement à Québec, auprès de son oncle, où
Te Ce = E
appréhendait pour sa fiancée quelques malheurs
elle trouverait un asile sûr et une bienveillante hospitalité. Ce trajet même n'était pas sans danger,
et, pour prévenir tout malheur, on résolut de leur.
donner une petite escorte.
La jeune fille ne put apprendre cette décision qui allait la séparer, peut-être pour jamais, de celui qu'elle aimait, sans en éprouver la plus amère douleur. Quel autre appui lui resterait-il, si jamais le vieux prêtre venait à mourir? Des parents encore inconnus qui, peut-être, refuseraient de la reconnaître! Mais ce qui la troublait surtout, c'était la pensée des périls que le chevalier allait courir, loin d'elle, sans quelle pût lui porter secours, panser ses blessures s'il était atteint, le soigner s'il tombait, malade.
Elle le revoyait pâle, défait, épuisé, comme elle l'avait déjà vu, alors que, sans elle et les secours du vieux prêtre, il eût succombé à une mort certaines. Ces images la remplissaient d'une amertume inexprimable. Seule, dans la chambre qu'elle habitait, elle pleurait silencieuse et muette, élevant parfois vers le ciel un regard plein d'angoisses et de prières. Tout à coup elle entendit des pas qui se rapprochaient. Le moment de la séparation était-il déjà venu? Elle tressaillit, essuya ses larmes et s’efforça de paraitre calme et ferme. La porte s’ouvrit et l'on vit entrer le capitaine Robert, le vieux
‘ prêtre et le chevalier.
Celui-ci était pâle et triste. On eût dit qu'il
imprévus et funestes. Quand il aperçut la jeune fille, les yeux encore tout rouges des larmes qu'elle avait versées, il plaça sa main sur son cœur pour en comprimer les battements. Il lui semblait que la douleur allait le briser dans sa poitrine. Nélida s'aperçut de la poignante émotion qui l'étreignait et dut faire d'incroyables efforts de volonté pour ne pas fondre en larmes, éclater en sanglots. Tous restaient silencieux en présence de ces douleurs muettes qui n'attendaient peut-être qu'ua mot pour se faire jour ; et personne n'osait prendre la parole.
Le vicr* nrêtre, le premier, se décida à rompre un silence: :1s poignant que la manifestation des plus amères douleurs. S'approchant de la jeune fille, il prit ses mains dans les siennes, la regarda un instant avec une tendre et sympathique compassion et lui dit d’une voix douce et pleine de bonté :
— Mon enfant, n'exagérons rien dans la vie, ni la joie, ni la douleur, et sachons toujours envisager toute chose à son véritable point de vue. Vous allez : nous quitter, mais ce sera pour quelques jours seulement. Vous trouverez chez votre oncle un asile plein de sécurité, et nous. avons pris toutes nos précautions pour que vous n'ayez aucun danger sérieux à courir.
... — Ah! mon père, s’écria la jeune fille, avez-vous donc pu croire que ce soit de mes propres périls que je fusse préoccupée? Eh! que m'importent les dangers que je puis courir ? Ce qui m'accable, c'est la pensée de m'éloigner de lui au ntoment où il doit
aller affronter des dangers bien autrement grands que tous ceux dont il est jusqu'ici sorti victorieux, mais non pas oujours sans blessures! Pendant que je serai. loin des.lieux du combat, je me le figurerai sans cesse au milieu des mêlées sanglantes, des coups de feu, des charges à l'arme blanche et mes cheveux s’en dresseront d'horreur sur ma tête, et mon sang s'en glacera d'effroi dans mes veines. Je croirai entendre le cri des blessés et des mourants tombant de toutes parts; il me semblera voir les prisonniers que l'on emmènera, les chevelures que l'on scalpera ; je me demanderai s’il n'est pas au nombre de ces malheureux et j'en sècherai de terreur. Quelle désolation ne sera pas là mienne! Combien mes angoisses seront intolérables! Je le revois encore, tel qu'il “ous revint le jour funeste où une balle lui avait traversé le cou. On n'en revient pas toujours de pareilles atteintes, et, lui mort, que signifie ma vie?
— Ma pauvre enfant, je comprends combien cette séparation doit te paraître cruelle et douloureuse; mais ici le devoir parle et l'honneur doit rester sans tache. Le chevalier a consenti servir le pays de ses pères ; un grade honorable lui a été conféré ; il serait le plus vil des hommes, s'il hésitait à braver les périls qui peuvent menacer sa vie!
— Eh! qui vous parle, père, de l'empêcher de faire son devoir? Ne serais-je pas la première à le mépriser, s'il pouvait hésiter? Mais pourquoi me séparer de lui? Devant Dieu n'est-il pas véritable-
ment mon époux par ses promesses et ses $Serments ? Ne serait-il pas plus digne de me ÿermettre de l'accompagner ?
— De l'accompagner? fit le missionnaire interdit.
— Eh! mon Dieu, ne m'avez-vous pas répété cent fois qu'on avait vu des religieuses intrépides braver tous les périls, suivre les armées, panser les plaies des blessés, les servir dans leurs maladies
er la palme des martyrs par leur héroïque
gnt? Ne puis-je done faire ce qu'elles ont
: votre place à vous et à moi, n'est-elle
qu un souffre et pleure? Accompagnons-
les tous deux. Nous partagerons leurs craintes,
leurs périls, leurs angoisses, nous vivrons ou nous mourrons-ensemble.
— Chère enfant, reprit le prêtre fondant en larmes, ce que tu dis là est grand et beau, et j'accepterais, peut-être, si tu n'étais, comme autrefois, que l'humble fille du rocher. Mais aujourd'hui tu ne t'appartiens plus, tu te dois tout entière à celui qui t'a choisie pour la compagne de sa vie.
— Mais alors pourquoi me séparer de lui? Croistu, père, que si je le priais de nous permettre de le suivre, il me le refuserait? ajonta la jeune fille en jetant sur le chevalier un regard tout plein de larmes.
Et les sanglots trop longtemps comprimés éclatèrent enfin. Une pluie de larmes tomba de ses yeux. Le chevalier, que cette scène remuait luimême jusqu'au fond des entrailles, n'avait osé dire
une parole, de crainte de laisser deviner son trouble et sa douleur. N'en pouvant plus, il s'approcha, à son tour, de la jeune fille, saisit ses mains, la regarda un instant, le cœur gros d'amertume, s'efforçant de calmer son émotion et d'une voix profondément altérée, mais pleine de douceur, lui dit avec effort :
— Nélida, n'insistez point pour obtenir une demande impossible. Devant Dieu et devant les hommes, je vous ai choisie pour devenir la compagne de ma vie.Je vous dois protection, conseil, dévouement et je ne faillirai point à mon devoir. Si nous n'avions à combattre que des hommes civilisés, pénétrés de sentiments d'humanité et d'honneur, je vous dirais peut-être : Restez-ici, dévouez-vous ! Mais il n'en est pas ainsi, Ô ma Nélida! Les troupes américaines ne sont composées que d'un ramassis de gens de tout pays et capables de tous les forfaits. Là se rencontrent la lie des aventuriers sortis d'Europe, des hordes de chasseurs licencieux et impitoyables qui ont pässé toute leur vie au milieu des forêts, vivant avec les loups et les ours qu'ils pourchassent, des bandes de sauvages vicieux et dégradés. Comment pourrais-je vous exposer au péril de tomber dans les mains de ces hommes, pour devenir la victime de leurs vengeances'cruelles, de leur haine sans frein? Avez-vous réfléchi à toutes ces choses, Ô ma Nélida bien-aimée, en implorant la faveur de nous accompagner? Jusqu'ici vous avez pu rester près de nous, parce que
gne pueous sés, r, je pus | upes ASSIS forortis X et ilieu qu'ils X et * au mes, ‘ueléchi
le péril de l'invasion n'était pas imminent ; mais -
le pouvez-vous encore, à cette heure où vont se livrer les combats suprêmes qui décidercnt de la nationalité canadienne ? Nous vaincus, tout est perdu. Que deviendrez-vous dans l'horreur d'une fuite générale? Près de notre oncle, un vaisseau
‘vous reçoit, nous volons vous rejoindre, nous par-
tons pour notre belle France et je vous obtiens de ma mère qu'elle vous acceptera pour fille, comme la
vôtre m'avait a*cepté pour son fils. Allez donc nous
attendre à Québec, sans trop de crainte et d'angoisses. Nous combattons pour une cause juste et sainte et l'amour de la patrie donnera la victoire à ses vaillants défenseurs.
— Oh! comment résister à de telles prières, surtout lorsqu'elles tombent d'une telle bouche? <'écria
‘Nélida, en se précipitant dans les bras du jeune homme. Mais ne t'offense pas, je t'en supplie, Ô mon :
chevalier Louis, si je n'ai pas la force de me séparer
de toi sans pleurer. Hélas! je sais combien tu es
vaillant et brave! Plus est grand le péril, plus il a d'attrait pour ton cœur! Cette balle qui a faïli te ravir à moi pour jamais ne mapprend que trop ce que je dois redouter de ton audace. Oh! du moins, je t'en conjure, ne t'expose pas trop au danger, conserve-toi pour ta mère et pour moi.
—— Je te le promets, répondit ie chevalier fondant en ‘armes.
— Maintenant, capitaine, je le remets entre vos mains, vous m'en répondrez. Veillez sur lui comme
sil était, votre fils; promettez-le-moi, vous aussi, ajouta la pauvre jeu: : fille.
— Ah! je te le jure, ma belle enfant, dit le vieux marin, qui n'était pas moins ému que le missionnaire et le chevalier. Et maintenant embrassonsnous tous et séparons-nous, car prières de: femmes font à l'homme des cœurs de lièvres.
Tous s'embrassèrent pour la dernière fois et le missionnaire s'éloigna, emmenant Nélida qui se retourna pour dire encore une fois au chevalier :
— Du moins ne va pas mourir.
Tandis que la belle jeune fille, s'éloignait de Montréal accompagnée du vieux prêtre et de l'escorte destinée à la protéger, le capitaine et le chevalier quittaient aussi cetia ville pour se rendre . au camp du colonel Selaberry. Ce brillant officier appartenait à l'une des familles françaises les plus distinguées et les plus anciennes du Canada. Depuis sa jeunesse, il avait toujours servi avec honneur dans les troupes britanniques, se signalant avec les armées de l'Angleterre dans toutes les parties du monde, en Europe, en Amérique, en Afrique, dans l'Indoustan. Peu d'hommes unissaient une intrépidité personnelle aussi dédaigneuse de tout danger à un talent militaire plus incontestable, et sa prodigieuse activité n'avait d'égale que sa rare expérience. Ce remarquable officier fut un des hommes les plus accomplis qu'ait possédés le Canada et sa fortune comme sa réputation sont toujours restées bien au-dessous de sa valeur et de son mérite réel.
Comme à un autre Léonidas aux Thermopyles, on lui avait confié l'avant-garde de l'armée, composée de trois cents hommes; mais plus heureux que son célèbre émule, il put non-seulement résister à üus troupes vingt fois plus nombreuses, mais il les arrêta, il les refoula, les vainquit, revint triomphant dans sa patrie qu'il avait sauvée et qui ne lui a pas encore érigé le lion de bronze qu'il a si bien mérité.
Le général américain Hampton, après avoir réuni toutes ses troupes, était entré à la tête de quatre mille hommes dans le Bas-Canada, avec l'intention de s'emparer des rives du Saint-Laurent, par la rivière de Châteaugay. Après quelques marches et contre-marches tentées dans le but de forcer le colonel à changer ses positions, il s'approcha du détachement de ce dernier, nourrissant l'espoir de remporter sur lui un facile mais important succès par l’habileté de ses manœuvres et les ravages que ferait dans ses troupes, si peu nombreuses, un feu * de peloton bien nourri et foudroyant. Mais le colo: nel, qui n'était pas un homme à se laisser donner le change, devina sans peine quelle tactique se proposait d'employer contre lui son adversaire, et ne doutant point que ses troupes n'y pourraient résister et se feraient écraser presque sans pouvoir combattre, il résolut aussitôt de les sauver, en profitant des accidents du terrain avec'une habileté merveilleuse,
Chaque arbre, chaque buisson devint un abri pour : un de ses hommes qui furent disposés de manière à
om eq A in ere nd en bn pren e mi chaman per ts = os =
She on nd rer ÇÇYIYUYES ee
profiter des plis du sol pour se réunir en une masse compacte sur un point donné, à un signal convenu. C'était la guerre de tirailleurs que la Vendée venait d'inventer contre les soldats de la révolution et que Salaberry créait, à son tour, dans les immenses déserts de l'Amérique septentrionale.
Le général Hampton, fier de ses quatre millehommes, f'avançait en pleine sécurité contre les trois cents braves de Salaberry, ne doutant point qu'il les écraserait jusqu'au dernier homme. Bientôt il pénètre sur le lieu de la bataille qu'il parcourt étonné de n'y plus rencontrer l'ennemi. Plein d'orgueil, il s'imagine qu'il a fui devant lui et commande de s'élancer à sa poursuite, afiu de ne pas le laisser échapper, quand une grande voix tonnant tout à coup au-dessus de la plaine, s’écrie :
— À l'œuvre, mes vaillants; feu!
Et de chaque arbre, de chaque buisson pleuvent les balles et l'inévitable mort. Un feu roulant crible les rangs des Américains. Chaque coup, bien visé, annonce qu'un homme vient de cesser de vivre. Une épouvantable terreur s'empare des assaillants. Ils cherchent partout cet ennemi qui envoie la mort de tous côtes et ne l'aperçoivent nulle part. Et les coups succèdent aux coups, les cadavres renversés aux cadavres.
Le désordre se met dans tous les rangs; la confusion plane sur l’armée du général de l'Union qui, entendant siffler les balles et voyant s’abattre ses hommes, perd la tête et ne sait plus que faire. On
se presse, on se mêle, on se heurte, on court à droite, on est repoussé à gauche; partout du feu, partout des balles, partout la mort, et cependant pas un homme qu'on puisse atteindre et contre lequel il soit possible de lutter. Bientôt la panique devint formidable. Des rugissements de bêtes fauves s'élevèrent de cette masse éperdue qu'on massacrait sans pitié. Alors, trois hommes semblèrent se détacher des arbres et du sol et apparurent tout grands debout sur les hauteurs voisines, l’un au Nord, les deux autres à l'Est et à l'Ouest. C'était Salaberry, le capitaine Robert et le chevalier Louis. Tous trois visèrent en même temps et trois officiers tombèrent. Puis trois cris tonnèrent au-dessus de la mêlée, comme trois hurras sortis de la poitrine des géants :
— Victoire au Canada!
A ce cri, trois cents têtes surgirent de derrière les arbres, les buissons, les ravins, et l'on entendit sortir de trois cents poitrines comme un épouvantable rugissement de lion, ces trois mots redoutables :
— Victoire au Canada!
La terreur de l'ennemi est au comble.
Ce ne sont pas trois cents hommes qui les fou-
- droient de tous les points de ces hauteurs, c'en sont
dix mille, vingt mille, cent mille peut-être! On bondit les uns sur les autres; on fuit dans tous les sens. On ne voit plus que la mort, on n'entend plus que les coups de feu, on ne sait plus que trembler
et pâlir. Salaberry comprend que tous ces malheureux vont se laisser égorger comme des agneaux. Il s'écrie :
— Croisez la baïonnette, et chargez à fond!
Cestrois cents lions s'élancent, comme un ouragan, de tous les points à la fois. Ils massacrent, ils égorgent, ils tuent. Ce n'est plus un combat, c'est une boucherie. La plus grande partie des troupes Américaines reste sur le champ de bataille, tandis que Salaberry n'eut que deux hommes tuéget seize Élessés. Hampton découragé se retira nattsburs sur le lac Champlain, où il demeura dans l'inactivité la plus absolue, voyant les restes de son armée diminuer à vue d'œil par les maladies et les désertions. ‘Telle fut cette admirable bataille de Châteauguay qui rappela le célèbre combat de Monougahela en 1755, où l'armée de Braddock fut détruite par une poignée de Canadiens et de sauvages.
Pendant ce temps, Wilkinson, croyant que Hampton devait déjà toucher les environs de Montréal, -s'avançait à la tête de ses neuf mille hommes, pour faire avec lui sa jonction sous les murs de cette ville. Il s'était embarqué le 5 novembre dans l'ile Grenadier et, dès la nuit du 6, il passait devant le fort anglais à Prescott. Il faisait un clair de lune magnifique; la nuit suivante, il aurait pu faire débarquer ses troupes dans l'ile de Montréal, avant même que Sir Georges Prévost eût pu être informé de son approche; mais des obstacles imprévus et des inepties multipliées donnèrent au gouverneur
malheugneaux.
nd!
uragan, ls égor-est une 3s Amédis que ze Flesurg sur ivité la e dimiertions.
auguay hela en par une
Hampntréal,
ns l'île vant le
général le temps de réunir toutes ses forces, qui montèrent bientôt à plus de vingt mille hommes.
On ne saurait accorder trop d'éloges au clergé canadien qui, dans ces circonstances, sut déployer tant de zèle et de patriotisme. Sous la direction et le patronage de leurs prêtres, tous les villages coloniaux avaient répondu à l'appel du gouverneu: et envoyé des défenseurs à la patrie menacée. Aussi sa mémvire est-elle désormais inséparable de l'histoire de ce peuple dont ii est un aes principaux fondateurs, et dont il a été incontestablement le sauveur et le soutien dans les temps modernes.
Commises aux soins des divers généraux, ces troupes furent bientôt disposées avec habileté, pour faire face à tous les mouvements des troupes envahissantes. Les rencontres se multiplièrent pendant tout le mois de décembre. Il y eut de part et d'autre des alternatives de revers et de succès au milieu desquels se distinguèrent nos deux héros, le capitaine et le chevalier. A la fin les Américains n2 pouvant plus tenir contre des forces aussi supérivures prirent le parti de se retirer.
Pendant que ces événements se passaient aux environs de Montréal, Nélida suivie de son escorte se dirigeait vers Québec aux côtés du missionnaire. Comme ce dernier, elle montait un cheval du pays qui marchait d'un pas calme et doux. Elle était habillée de manière à pouvoir affronter un voyage
à travers les bois. La brise du matin soulevait avec. grâcé le voile vert qui descendait de son chapeau de
- ee ntm case | nent