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ovisionnements.
ver, avec l'aide es parcelles de le pays d'une ui purent rega- | rer. L'aversion fl leur brutalité M t-être où beauin serait courte $ jamais une si!
ratie du pays, || tous ceux qui |}
Doppresseurs de la malheureuse Irlande, s'écria le hevalier indigné.
— Aussi sera-ce un éternel honneur pour nos Lompatriotes d’avoir triomphé de ces calculs, autant par leur intelligence que par l'énergie.de leur résistance. Laissée dans l'abandon, sans direction, sans unité, sans soutien, la masse populaire, dénuée d'instruction et privée de centre politique, ne désespéra cependant pas de l'avenir. Eparse dans les campagnes, elle ne songea d’abord qu'à restaurer son pauimoine délabré, à s'assurer les nécessités de la vie, le calme et le repos du foyer domestique.
L C'était le premier moyen d'échapper à l'anéantisse-
nada définiti- | ment.
IX ne pensa à, Æ « L'aversion des Canadiens pour les Anglais, le nt là liquida- sentiment de leur origine française, leur attachese pourvoir MS ment profond à leur nationalité, à leur langue et ouvelle. Les 0 à leur religion, les portèrent ensuite à résister si ce mouve- 1 énergiquement à l'application du régime seigneurants toutes M rial qui avait perdu l'Irlande, que l'Angleterre dut
e l'autre, en Î renoncer à toute implantation. Ils trouvèrent ainsi
spoliateurs " en eux-mêmes une force de résistance passive qui ralent, par | 8 défia les persécutions aussi bien que la ruse. Ils ‘ de facilité | Æ reprirent tranquillement le cours de leurs travaux,
population S profonde Ë S pauvres À te consis- |
| de leur développement, de leur invincible progrès. | Bientôt les familles canadiennes se multiplièrent, Sétendirent, se déversèrent des contrées les plus ; peuplées dans celles qui l'étaient moins, et consoli-. dèrent leur nationalité de la manière la plus sûre et la plus forte, en formant une masse serrée,”
barbares
homogène, incessamment croissante, qui déjoua toutes les tentatives imaginées pour les anglifier. » |
— Mais s'il en est ainsi, reprit le chevalier, pourquoi donc les Canadiens n'ont-ils pas embrassé M le parti de l'indépendance américaine, lors de la 4 grande révolution des Etats-Unis contre. l'Angleterre? à
— Lorsque cette heure sonna dans les destinées 4 de l'Amérique, il y eut un moment d'hésitation | anxieuse parmi les Canadiens. Ils pouvaient, en 4 effet, s'affranchir du joug de leurs ennemis et humi- 1 lier leurs barbares oppresseurs ; mais l’aversion qu'ils | nourrissaient contre les colons américains fut plus forte encore que celle qu'ils ressentaient pour les Anglais. Après tout, les Etats-Unis étaient pour le Canada un ennemi immédiat, et c'était la haine acharnée de leurs colons qui avait constamment soulevé, soudoyé, soutenu les luttes cruelles où leur nombre avait héroïquement succombé. L'influence des souvenirs, la diversité des habitudes, des religions et des races, mais principalement l'instinct secret et sûr de la conservation nationale, décidèrent les Canadiens à refuser les avances des Etats- Unis. Ceux-ci arrivaient avec une population qui se fut immédiatement emparée de toute influence et eut en peu de temps, absorbé la race française. Les Anglais, au contraire, ne présentaient qu'une occupation éloignée, incapable de supprimer l'élément prédominant du pays et dont on n'avait qu'à redouter l'inintelligente oppression. Les Canadiens eurent
* QUI déjona D nc raison de repousser les Américains et de rester ?s anglifier. » neutres
le on. | . us chevalier, — De rester neutres, dites-vous, capitaine! Mais :
a s ge , Q Q 1? »(: 9 : | embrassé n'aurait-il pas été préférable de s'entendre avec les FA Ge de la Œ ficiers français et de saisir cette occasion pour r nn , san te e l'Angle- = rétablir l'union avec la France? lan 7 —— Sans doute! sans doute! chevalier. Je dirai es des ‘es À . . ‘ dh estinées OÙ plus, il eût suffi de la vue de trois bâtiments de Chésitation M Luorre français dans le golfe Saint-Laurent pour Ouvaient, en | bis th : WE soulever, comme un seul homme, toutes les popula- IS e 1- . | .
ne Fa 1 tions du Canada. Mais la conduite du gouverne- S1 s Le: . . Q | ils "0 ment français et de ses agents fut si maladroite S L & à e ut plus M on cette circonstance, qu'il est plus à blâmer nt pour les un | encore que les Canadiens de n'avoir pas su en lent pour le :
tl hoîne VS profiter.
; a à 548 0 Q Q Q nt ane 7 Et maintenant si, au lieu de jouer sa fortune sta à Ile : EE 1 et celle de la France dans une guerre européenne S O0 e. LU L L L] A ne qui tôt ou tard doit finir par lui être fatale,
L'in ‘ ira s a Napoléon envoyait ici quelques escadres chargées s, des reli-
t l'instinct 1
Ch
toujours les mêmes ?
Le décidè- M — La révolte serait irrésistible, invincible. Vous : is Etats- M connaissez sans doute les luttes que Monseigneur ation qui :-du Plessis, votre oncle, dut soutenir contre Sir rluence et … John Graig, ce gouverneur taquin, rancunier et aise. Les despote. Un instant le mécontentement fut tel que” He 00UE le persécuteur dut implorer l'intervention de l'évél'élément que lui-même pour prévenir une rébellion devenue
à redou- imminente, par suite de son administration dure, ns eurent
d'hommes déterminés, nos chances seraient-elles :
arbitraire et souvent injuste. Des écrits séditieux, :
répandus dans tout le pays, demandaient vengeance du tyran et le clergé seul put calmer l'incendie sur le point d'éclater. C'était en 1810, Lord Graig gouvernait depuis trois ans. ‘Les Américains crurent le moment favorable pour surprendre le Canada et n'attendirent qu'une occasion pour se précipiter sur nos contrées. L’Angleterre épouvantée se hâta de
rappeler Lord Graig pour le remplacer par George
Prévost, qui gouverne, depuis un an, avec douceur et bienveillance, s'efforçant de réconcilier les esprits avec la domination anglaise. |
— Mais sans y réussir, selon toute apparence ?
— Non, assurément. Cependant si les Américains persistent dans leur projet d'annexion, comme tout semble le démontrer, nul doute que la population ne s'unisse avec un admirable ensemble au parti anglais qu'elle déteste, pour se préserver de toute fusion avec les Américains dont le triomphe entrainerait la destruction de leur nationalité.
— Ainsi l'invasion des Américains sur le territoire de la colonie vous parait imminente ?
— D'autant plus que les forces Britanniques sont en ce moment presque purement nominales. C'est à peine si l'on peut compter quatre mille hommes sur une étendue de frontière de plus de quatre cents lieues. Le cours immense du Saint-Laurent, sem-. blable à une grande route militaire, est donc ouvert de toutes parts aux Etats-Unis, qui, par là, peuvent pénétrer sans résistance apparente jusqu'au: cœur du Canada. Aussi, durant l'été de l'année,
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année,
dernière, ont-ils déjà réuni leurs principales troupes sur leurs frontières du nord-ouest, où ils ont attaqué les Indiens hostiles "et soutenu contre eux plusieurs combats. Dans ce moment même, on assure qu'ils concentrent, dans la petite ville de Détroit, une armée toute prête à envahir le Haut-Canada, comme je viens de l'apprendre en prenant terre à l'entrée du golfe.
— Mais alors, c'en est donc fait de la nationalité canadienne ? |
— Oui, si chaque habitant ne devient un héros pour la défense de cette nationalité que jusqu'ici rien n'a pu abattre.
— Et vous croyez?
— Que pas un Canadien n'hésitera à perdre jus-
qu'à la dernière goutte de son sang pour repousser cette inique invasion. |
— Ah! sil en.est ainsi, mon sang et mon bras à ce brave peuple! s’éçria le chevalier avec exaltation.
— Merci! au nom de mes compatriotes, répondit
en souriant le capitaine, car nulle offre ne saurait
être mieux accueillie. Si la guerre éclate, vous ne tarderez pas à voir se renouveler tous les prodiges qui ont illustré, dans la dernière, les noms à jamais glorieux des chevaliers de Montcalm et de Vanüreuil.
Pendant que le capitaine et le chevalier s'entretenaient ainsi, le navire-remontait rapidement le
fleuve. Laissant à gauche l’île d'Orléans, il ne tarda
pas à toucher la pointe Lévi, où il relâcha un moment. Une tribu d'Indiens Michmafé campant en ce moment sur le rivage, offrait au jeune français le plus curieux sujet d'étude. Les traits de ces sauvages ont quelque chose de désagréable ; leur teint est fortement cuivré, leur visage allongé et leur physionomie sombre. Rien de plus disgracieux que les saillies formées par les pommettes de leurs joues, l’arc de leur nez, l'avancement de leur menton. Leurs cheveux rudes, longs et noirs pendent sur leur figure comme un débris de crinière., La plupart ne sont quà demi-vêtus d'une longue robe déchirée, d'une sale couverture de coton ou d'une chemise en lambeaux. Cependant ils sont grands, forts et propres à des occupations qui pourraient embellir leur misérable vie des douceurs de la civilisation.
Leurs femmes sont petites, minces, et possèdent des traits arrondis plus gracieux que ceux de leurs maris. Leurs cheveux peints avec le plus grand soin sont séparés en deux larges nattes à partir du sommet de la tête. Plusieurs portent des chapeaux de peaux de castors, ornés de plumes, de rubans de diverses couleurs et de petites croix d'argent. D'autres se coiffent d'un bonnet de drap, pointu, bordé en poils d'élan, de nuances variées. La plupart s’enveloppent d'un manteau ou d'une pièce de drap bleu, vert ou écarlate, orné de larges haniles
de soie jaune et verte. Ce manteau. quelles arr tent à leur ceinture pendant la belle saisie,
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