‹ Nélida ou Les guerres canadiennes, 1812-1814 [microforme]Chapitre 5 sur 22 · RER · texte numérisé non relu

RER

LA Les memns

forêts couvrent Presque toutes les Parties non cultivées. ,

Contrée. Mais nos touristes reçurent Ja plus gracieuse hospitalité dans une ferme française. C'était un joli manoir en

appartements réservés aux 0Yageurs qui visitaient la contrée étaient plus SOMptueusement décorés. On ÿ trouvait des porcelaines, des cristaux, des glaces,

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dés gravures coloriées. Après avoir pris un excellent diner, le chevalier et son guide visitèrent pendant une heure ou deux les maisons du voisinage. Les dignes propriétaires, ou paysans français, causèrent gaiement avec eux et les enchantèrent par leur cordialité. On ne saurait rencontrer nulle part des gens mieux élevés et surtout plus heureux qu'ils ne paraissent l'être dans leurs jolies cabanes. Le jour suivant, le chevalier, avide de contempler

les beautés de la nature comme devait l'être un lecteur aussi passionné du prince de la littérature moderne, courut visiter les bords du lac Saint-Charles qui n’est situé qu’à une ou deux lieues de la ville. Ce lac d'une lieue d'étendue est presque coupé en deux par une presqu'île de rochers. Sur sa rive droite, entre une prairie et des vergers, est un joli village français dont le clôcher, surmonté d'une croix et d'un coq, rappelle les villages de Normandie. Sur la rive gauche, s'épanouit le non moins gracieux village de Lorette, habité par une tribu de Hurons que les français ont civilisés. Quoiqu'ils aient perdu leurs anciens usages, entre autres leur préjugé contre le travail et leur passion pour la guerre, ces Hurons ont conservé le costume bigarré particulier aux tribus indiennes qui ont des rapports avec les Européens. Cet usage leur donne une physionomie des plus originales. Ils furent assez complaisants pour danser devant nos touristes. Les cris, les gestes dont ils accompagnèrent leurs danses suffiraient seuls au besoin pour établir l'identité de leur origine. NÉLIDA. 3*

l'union de tant

Les Indiens des villages de Saint-Charles de Lorette, ainsi que ce | |

Sionnaire qui avait blanchi de l’apostolat. Vingt fois,

il avait bravé Ja mort Pour évangéliser le

$ SaUVages des rives du lac supé-

sait le respect | le, gue barbe, plus .

qu'à sä ceinture et achevait de Iui

guste qui rappelai es des premiers temps du christianisme. | Une grande et belle Jeune fille, a

lui, redoublait encore l'effet que de ce vieillard

Ssise auprès de produisait l'aspect

lait sur son sein. Les bras étaient nus jusqu'aux épaules, à la manière de certaines tribus sauvages.

Un corsage de pourpre serrait sa taille d'une finesse et d'une délicatesse extraordinaire. La robe courte, d'une couleur éclatante comme l’azur d'un ciel étoilé, descendait à peine jusqu'au-dessous de ses genoux. Des bas de pourpre laissaient voir la finesse d'une jambe nerveuse comme celle de l'élan des forêts canadiennes. Son pied gracieux et d'une mignonne petitesse était emprisonné dans de jolis mocassins. Cette douce et bélle enfant paraissait encore s'ignorer elle-même; mais rien qu'à la voir on sentait respirer dans ses regards l'extrême sensibilité de son âme plus belle, plus dévouée, plus aimante que tout ce qu’en pourrait exprimer une plume mortelle.

Bien que fille d'un père sauvage et d'une française, elle semblait être née sous le soleil de l'Europe. Le chevalier ne put voir cette belle enfant sans se sentir saisi d'un sentiment mêlé de respect et de sympathie. Lorsqu'elle se fut retirée, il apprit de la bouche du prélat qu'elle devait l'accompagner avec le vieux missionnaire jusqu'à Toronto, pour en recevoir protection et appui dans ce long et pénible voyage. Le bon évêque ajouta quelques considérations sur la vie de ses deux com-: pagnons de voyage pour les Jui rendre plus intéressants encore. On nous permettra de rapporter plus en détail l'histoire de notre héroïne.

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