‹ NémésisChapitre 48 sur 78 · A H EN H I -CINQ · texte numérisé non relu

A H EN H I -CINQ

Te vola, loin dv nous, une libre prison.

Et voulut que la France écartât de ses portes

Ta royauté vivante et deux royautés mortes !

Dans tous les cœurs français leurs vœux étaient écrits;

Il est beau quelquefois de faire des proscrits.

Quand l'arrêt de l'exil tombe sur une race

Qui ne laisse au départ qu'une sanglante trace.

Et qui, reparaissant au sol qu'elle a quitté,

Le souillerait encor de son iniquité.

Ne crois pas cependant, dans ton lointain asile.

Que la peur ait dicté cette loi qui t'exile ,

Que l'ombre d'un enfant trouble notre avenir....

Si tu sortais du cercle où l'on veut te bannir,

Avant de mettre un pied sur notre capitale.

Tu serais dévoré par la terre natale.

Songe bien qu'Holyrood qui te sert de palais

Fut habité long-temps par les Bourbons anglais,'

Les Stuarts; et ceux-là pour combattre à la Boy ne

N'étaient pas des héros comme Ion oncle Antoine,

Ou comme Ion aïeul qui, tournant Taviron,

Au moment du péril déserta Quiberon. ^

Ils avaient, pour saisir leur couronne usurpée,

Des lords , des chefs de clans , vaillans hommes d'épée ;

Eux-mêmes, les premiers dans le sanglant chemin.

Combattaient à cheval et tuaient de leur main ;

Eh bien ! leur dynastie est à jamais éteinte.

Et toi toujours suivi d'hommes à pâle teinte,

Qui depuis quarante ans, en petits comités,

Suivent le corbillard des Légitimités,

Croirais-tu que le sort quelque jour te destine

A revoir les témoins de ta joie enfantine,

Le parc, le pont chinois, l'allée au sable fin ,

Et le Trocadéro tout rempli du Dauphin ?

Non, pauvre Astyanax, rien ne pourra te rendre

Ton hochet d'Ilion et ton petit Scamandre;

Prends donc un cœur viril pour des ennuis si longs;

Daigne croire surtout que si nous t'exilons,

C'est qu'en te proscrivant de notre territoire,

Nous voulons éviter le deuil d'une victoire;

Qu'un triomphe certain, s'il nous avait coûté

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