AUX VIEUX LÉGIONNAIRES
Si la guerre attendue éclate, nous verrons Quelle est la croix du juste et la croix des larrons.
AUX VIEUX LEGÏOiNNAÏRES.
11 avait bien compris le monarque des camps. Tout ce qui dans les cœurs allume des volcans. Tout ce qu'à des soldats Tenthousiasme inspire! Un jour, pour les guider dans leur noble chemin, Cet homme fit un astre, et le mit de sa main Au firmament de son Empire.
Du signe qu'il créa pour parer notre sein Lui-même sur l'émail découpa le dessin.
11 s'en fit le dépositaire; Électrique foyer de nos vieux bataillons, On eût dit que sa gloire éclatait en rayons
Sur tout son peuple militaire.
Aussi, lorsqu'il passait, dans son brûlant essor, De ses magiques dons prodiguant le trésor, îl semblait de l'honneur secouer les parcelles; Et du centre aux deux bouts du poudreux horizon Sa main jetait les croix, comme un rouge tison Sème en courant des étincelles.
L'ennemi croyait voir des astres de malheur, Comètes qu'une flannue à la triple couleur
Suivait dans l'ardente mêlée; Les lourds carrés de fer se fendaient en sillons, Quand, devant leurs fusils, tombait en tourbillons
La Garde toute constellée.
Heureux qui par la croix s'était vu rajeuni! Le pontife des camps semblait l'avoir béni; La croix était un culte, il était beau d'y croire! Quand, après la bataille, il visitait les rangs , L'Empereur la donnait aux soldats expirans Comme un viatique de gloire.