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i- Hf 1.. // , wii, li «;i|([. Cf. l>l;it.. J<rpyhl.. 'Mi A.
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sans qu'aucun élan de ferveur rapproclic des objets de leur culte ces âmes luimiliées et plovées par la crainte.
La résignation aux volontés des dieux a, chez Homère, un caractère analogue qui permet de la rapporter au même principe. C'était un tyran t|u'on adorait dans la divinité : c'était ce tvraii dont on subissait sans murmurer les décrets, liien différente de la résignation du chrétien, toujours mêlée d'espérance, de cette soumission respectueuse et tendre qui bénit une promesse dans l'épreuve, et entrevoit le pardon derrière le châtiment, la résignation, dans la religion homérique, n'est que l'aveu d'impuissance de la liberté vaincue dans nue lutte inégale. « Fils de Poly- « therse, houuiie aux propos railleurs, cesse de « proférer follement d'orgueilleuses paroles; « laisse maintenant parler les dieux, car ils « sont les plus forts ^ » Ainsi parle Philœtius à Ctésippe en le tuant : ainsi la Nécessité parle au malheureux qu'elle accable. Les dieux ne demandent à la victime de leur haine ou de leur courroux aucune vertu , aucun sacrifice de sa volonté , aucun hommage intérieur à la sainteté des desseins auxquels elle est immolée : ils lui permettent de les haïr pourvu qu'elle fléchisse sous le joug qui l'opprime, qu'elle subisse ce qu'ils lui envoient, ou les présents qu'ils
t. 0(1.. XXll, 287. Cf. lli.. ^ I, 190.
•j(, LA NATURE DIVINE
lui font, pour traduire une expression grecque ' : (c Mère, w dit Callidice à Cérès affligée, qu'elle jjrend pour une simple femme, « il faut que !( les mortels se résignent aux présents des dieux, « fùt-ee par force et à contre-cœur; car ils sont '< bien plus puissants que nous. «
Plus puissants, ce n'est rien encore : si les dieux d'Homère n'étaient que puissants, ils inspireraient le respect plutôt encore que la rrainte ; le sentiment religieux resterait incomplet, il ne serait pas faussé. Mais ces dieux n'aiment pas les honnnes : de telle sorte que, sans avoir rien à redouter de leur justice, on se croit néanmoins exposé à leur haine. Lorstpi'ils se montrent sur la terre, leur apparition effraye tout d'abord ceux (jui en sont témoins. Écoutons Télémaque, lors- (ju'il revoit l lysse que Minerve vient de transfigurer-* : « Plus de doute, » s'écrie-t-il, « tu es « un dieu, un habitant du vaste ciel : ali ! sois- « nous propice , afin que nous t'offrions d'a- <f gréables sacrifices et de l)eaux ouvrages d'or : « mais daigne nous épargner! » Qua donc à craindre Télémaque? ce qui menace tout mortel, tnême innocent : le courroux t()U(-])uissant diiiic (li\inilé ond^rageuse qu'on peut offenser a chaque instant sans y prendre garde. C/est pour échapper à un tel danger (piil Iransige,
1. Hijm)}. Homcr. in Ccrcr., \ . l i7. cf. Hes., 0pp. et Dd., v. 716; ('•uoiiiic. (iiœi:.. «d. l'auclinilz : Sol., V, v. f/i: Thcngn-, v. 44i. ■>. Q(l., XVI, 183,