‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 19 sur 181 · ET LA CONDITION HIMAIM · texte numérisé non relu

ET LA CONDITION HIMAIM

comme avec un ennemi, en lui promettant des offrandes, avec l'être mystérieux dont la présence suffit pour causer ses alarmes.

Une piété si craintive accuse les dieux à qui elle rend hommage. Dès cette époque, on le le voit, les Grecs, persuadés de l'existence d'un principe malfaisant au sein de la divinité, faisaient consister le premier devoir de religion et de sagesse à subir en silence ses rigoureux décrets, à craindre son pouvoir, à l'adorer, à le ménager, à le fléchir. Mais, dès lors aussi, ils avaient 1 idée dune résistance, et même d'une rébellion, quelquefois xictorieuse, mais toujours imprudente, punie tôt ou tard, et partant condamnable, de l'honmie contre la tyrannie des dieux.

Il nous reste à mettre en lumière ce dernier point, qui n'a été qu'indiqué au chapitre précédent.

A côté du dieu bienfaisant, ou plutôt sans mcdianceié % en qui se personnitie l'activité humaine dans sa lutte avec la puissance d'en

1. 'Ay.ây.y,Ta (Hesiod., Thcogon., v. 014;. LVpitliùte è-j:, appliquir ailleurs (ib., v. 50 j; 0pp. ef Dd., v. 50) au (iU de Japct. est beaucoup moins caraclérisliqiie. Ce mot e>t bien rendu jiar eç/rrrihis dan-> la traduction latine joiiili- a IVililion Uidot,

haut, la inytliologie grecque compte une foule de personnages dont les noms rappellent une témérité et une punition pareilles. Tliamvris et Mobé, dans Y Iliade, Ajax, fils d'Oilée, et Eurvlus, dans Y Odyssée; Phaéthon, dont Hésiode racontait déjà l'entreprise et la chute, Pliorbas, Tantale, Agamemnon, Ampliion, chez les Cycliques, sont des impies comme Prométliée. Le courroux des dieux les atteint comme lui, ou même les poursuit jusque dans les enfers. Ainsi (jue la colère de Jupiter fait expier au genre humain les bienfaits dont le Titan Ta comblé, de même l'hvmen d'Orion avec l'Aurore le désigne aux flèches de Diane ; celui de .lasion avec Cérès fait tomber sur lui les foudres de Jupiter. Calypso s'écrie, lorsque Mercure lui apporte l'ordre de laisser partir Ulysse : « Vous êtes cruels, ô « dieux! cruels et jaloux ^ entre tous, vous qui « voyez d'un œil d'indignation les déesses épou- « ser des mortels. » Même lorsqu'elles sont passagères, ces mésalliances ne laissent pas d'être dangereuses pour le mortel qui en est honoré ^ connue pour l'enfant qui en est le fruit ^. Les dieux les considèrent comme attentatoires à leurs prérogatives, et pardonnent rarement cet oubli de leurs droits au favori aucpiel il profite.

1 . Honi., (kJ., V. 1 18 .•;(|(i. Il y a dans le «roc îr,À-/-ij///£;, que nous MOUS •soyons à regret lorct'; de traduire connue -^^o-n^'À.

2. Hymn.Homer. Vcn., v. I8<}. Cf. il>., v.287; Odijss., X, 301, Z'iS.

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