Jliad., XIV, 80; Od., I, 3ô() cl pass
4. Alow; {Jlio.d., XIII, l'>l; Oih, II. 04; H.siin!., (>/y/(. ,'t Ixl ,
:j2 LA NÉMËSIS.
Grecs, étail en iiieiiie temps la l)ase de leur morale. Pour eux, manquer à une obligation, c'était franchir une limite, c'était entreprendre sui" un domaine interdit. Dans un coupable, ils voyaient avant tout un téméraire; dans une faute, un excès: et c'est, au fond, cet excès, inliérent à la transgression des lois morales comme aux attentats contre l'ordre général du monde, que réprouvait partout ce sentiment accusateur appelé par eux d'un nom qui semble être celui de la justice dislributive, mais qui ne désignait en réalité dans l'usage que la désapprobation, ou, pour plus d'exactitude, l'assentiment, plus ou moins passionné, de la conscience à la loi de partage, en présence des excès qui y contreviennent.
Telle est encore , sans aucun caractère spécial, la iic/nc'sis que les dieux d'Homère et d'Hésiode ressentent contre autrui et redoutent pour eux-mêmes ', à la façon des mortels. Leur conscience en prononce les jugements dans les mêuïes cas (pie celle de l'honnne ^, c'est-à-dire contre tout manquement au devoir, et, plus généralement, contre tout ce (pii mérite désaj)probalion, en tant que particijjant de la nature de l'excès. D'ailleurs, de même que la désapprobaliou mar(|uée |)ar le mol ti('iii<'.sis s'allie cpiel