‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 46 sur 181 · Voir, au surplus, rappendice qui suif cctle thèse (n · texte numérisé non relu

Voir, au surplus, rappendice qui suif cctle thèse (n

').. Ce rôle de la magie comme auxiliaire de la médecine est attesté, entre autres [)renjk'es, par ce passage de Piiidare, où sont réunis tous les procédés médicaux, ou prétendus tels, (jue l'on connaissait de son temps. Il s'agit d'Esculape :

Toù; |/.èv (io()axaî; ÈTtaotSaï; àfx^ÉTtiov,

ToO; oï Ttporravéa itivovxa;, /i ^ut^iî TtEpiiiTtTwv 7tavTû6cv

4'à&(jiaxa, toù; et xopiaï; êffxacev 6p6oû; (Pyth , 111, 91).

Il \ a des médecins dans les poèmes liomt'iiciues. Cepciidiuif. certains

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concurrence donl Ilippocrale se plaignait déjà ' et qui n'a point tout à fait cessé, nous autorise a rapprocher de la mairie la médecine. La légende d'Esculape, foudroyé pour avoir ressuscité un mort ^, atteste à la fois et cette parenté primitive de deux arts fort différents aux yeux des modernes, et la surveillance que la jalousie divine passait pour exercer sur l'un connue sur l'autre.

maux physiques, sinon tous indistinctement, sont représentés dans un. passage de VOdijssée comme des fléaux envoyés par la divinité, auxquels riiomnie ne saurait se soustraire :

N&ùffôv -y' ryO-w; jtni Aïo; ^v{i\o-j à/ixaSai {Od., IX, v. 411).

Ce qui est plus étonnant, c'est qu'une contradiction analogue se retrouve dans les écrits hippocratiques, au sujet de certaines maladies dont on attribuait l'origine à la colère des dieux (Hippocrat., l[£pl às'pwv, ûoâTtov, tô-uv, cap. 22, éd. Littré ; Ihoi Y-'''^'-''--'-'''i'^ ©yijio;, cap. 1; npoi-vwcT'.y.ôv, cap. 1) : voir, à ce sujet, Targument mis par M. Littré en tète de ce dernier ouvrage; voir aussi Hérodote (I, 113; III, 33). Le fameux serment hippocratique { tom. IV, pag. 628 ) ne renferme aucune mention de ces maladies mystérieuses, ni de leur traitement.

1. Ou celui de ses disciples immédiats auquel est dû, selon M. Littré (v. tom. I, pag. 354, de son édition in-S"), le curieux écrit De la Maladie sacrée. Les sorciers-médecins du temps y sont accusés de sacrilège (cbap. I ), à cause des pratiques religieuses ou superstitieuses dont leurs opérations étaient accompagnées.

2. Hesiod., fragm. 34, éd. Didot; Pindar., Pyth., III, 95; Euripid., Alcest., V. 127, cf. V. 4, et Schol.; Pherecyd., fragm. 8, éd. Didot; Orpfiica, fragm. 55, édit. Tauchnitz ; Virgil., ^£neid.,\\I, v. 770 sqq.; Hygin.,/'o&. 49; Origen.,ife/'H^. hxres., IV, 32. Cf. Pausan., 11,27; ïscliyl, .4(/rtH/., V. 1022; Xenopli., De Venat., I, G; Plat-, Repub., 408 C. — Eratostliène ( Calasterism., G) dit que les succès d'Esculaps avaient fait craindre aux dieux la ruine de leur culte. — Les Euinénides. dans Escli>ie, reproclient à Apollon un méfait analogue à celui d'Escu^ lape : la prolongation de la vie d'Admète, au mépris des déesses de la destinée {£"j<menî(/., v. 723).

Une tradition ajoutait même que, à la suite du châtiment infligé à Esculape, rexercice de la médecine avait été interdit, pour ne recommencer qu'environ cinq cents ans après, sous le règne d'Artaxerxès, roi de Perse, grâce à l'initiative de l'Asclépiade Hippocrate ^

Jusqu'ici, la jalousie des dieux semble réserver toutes ses rigueurs pour l'ambition qui porte l'homme à reculer les bornes de son pouvoir, de son bien-être ou de son existence. L'ambition de l'esprit avait-elle aussi à redouter les défiances divines? Les trésors de la science étaient-ils également assujettis à un niveau qui ne pouvait être excédé sans péril? La doctrine grecque sur ce point n'était pas plus rassurante- « On demanda aux Nasamons, y> dit Hérodote, « s'ils n'avaient rien de nouveau à dire touchant « les parties désertes de la Libye : ils répondirent « qu'il y avait eu parmi eux de jeunes orgueilce leux (OêpicT«;), fils de personnages puissants, « lesquels, parvenus à l'âge d'homme, entreaulres « entreprises ambitieuses, avaient chargé cinf| « d'entre eux, désignés par le sort, d'aller visiter les « déserts de la Libye et d'y pénétrer, s'il se pou- « vait, plus avant qu'aucun des précédents voya- « geurs 2. » Les Nasamons nous semblent un jjcii sévères pour une curiosité qui aurait pu abou-

J. Isidor., Origi7i.,l\, 3.

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