V. 11. Xous avons vu qu'Hésiode dit seiilcmcut à/.àxy,T
130 i;iDÉE DE NÉMÉSIS
des Grecs, des contemporains d'Escliyle, qu'il convient de se placer. Prométhée a les vertus d'un héros sans doute : mais il lui manque celle qui fait le sage, celle qui, pour les Grecs, était la vertu par excellence, et, selon Platon, comme l'appoint nécessaire à toutes les autres. Rien de plus contraire à la modestie, à l'humilité, à la résignation, à tout ce que les Grecs comprenaient sous le nom de sagesse % que cette inflexible obstination, que cette lébellion continuée dans les fers par l'insubordination d'une volonté réduite à l'impuissance. Ajoutons que rien n'est plus contraiie aux maximes répandues dans tous les ouvrages d'Eschyle et dans celui-ci même : « Ren- « tre en toi-même, et prends de nouveaux sen- « timents, puisque c'est un nouveau tyran qui « règne sur les dieux. Si tu te répands en dis- « cours si violents et si acérés, de là-haut Ju- « piter peut t'entendre, et alors tes maux pré- « sents te paraîtraient n'avoir été qu'un jeu. Ban- « nis, infortuné, les transports qui t'agitent, et « chciche le remède (]ui peut guérir tes maux. « Tu trouves peut-être que je le parle en vieilce lard. Tu vois pourtant, ô Prométhée, quelle « est la récompense d'un langage orgueilleux. « Mais tu ne peux te résignera être humble, à « céder à l'infortune; et lu veux ajouter d'autres « maux à tes maux. Ah! crois-en mes conseils^