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« ne regimbe pas contre l'aiguillon. Tu le vois, « c'est un maître dur et altier que le nôtre... Cal- « me-toi, modère l'emportement de ton langage : « ne sais-tu pas, toi qui sais tant de choses, que fc les imprudences delà langue ne restent jamais «( impunies' ?» Ainsi parle le vieil Océan. Le poëte lui a prêté un rôle ingrat : on n'a jamais bonne grâce à réprimander un héros malheureux. Mais si l'on oublie la situation pour ne voir que les paroles, qui ne reconnaît la sagesse grecque elle-même à ce langage? C'est là sans doute qu'il faut chercher la conclusion morale du Prornéthde enchaîne. En transportant sur la scène la rivalité des dieux et des hommes, Eschyle s'est gardé de prendre parti dans ce débat surnaturel. 11 ne craint pas, d'ailleurs, de nous faire admirer le génie et le courage mis au service de la cause vaincue, (jui, après tout, est la nôtre ; mais il s'abstient de toucher à ce qu'on peut appeler la question de dioit, et, s'il a un conseil à nous donner en présence d'un si teriible exemple, c'est de subir en silence les décrets du pouvoir qui nous oj)prime.
Sans doute, dans les deux autres tragédies dont l'histoire de Prométhée avait fourni le sujet à Kschyle, soit (ju'elles formassent trilogie avec le Promét/iéc cncliainr, soit ([u'elles en fussent indépendantes, l'intention du poète se ma-