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iiifeslail avec plus de clarté. Le Proiuëllu'e délivré, qui renfermait le dénoiiment de la légende empruntée à Hésiode, devait en contenir aussi la nïoralité : une idée religieuse, une maxime pratique, une leçon, quelle qu'elle fut, devait sortir de la réconciliation tardive de Jupiter et de Prométbée. Si l'œuvre d'Eschyle a donné lieu à tant de commenlaiies et de conjectures, il faut s'en prendre au temps, qui n'a épargné que le seul Proméilii'e cnchaiin' , comme pour exercer la sagacité des interprètes sur un problème sans solution.
Un quatrième Promélliée se rattachait, sans doute en qualité de drame satyrique, à la même trilogie que la tragédie des Perses^ trilogie dont la composition singulière a fort embarrassé les érudits. D'inutiles efforts d'imagination ont été faits à plusieurs reprises pour en letrouvcr l'unité ^ . D'autie part l'usage d'Eschyle semble autoriser ceux qui voudront la chercher encoie. Peut-être n'était-eile pas sans quelque rapport avec notre matière. Les Perses, pièce de circonstance, s'il en fut, tout à fait en dehors paison sujet presque actuel, du cycle qui défrayait habituellement l'invention tiagique, laissait vides à côté d'elle, dans le cadre de la trilogie, deux places que le poëte ne pouvait renqjlirsans
l. M. l'alin rend coiiiptc de tes tonfatiNcs au 1'' volume de ses Etudes sur les Tragiques grecs, 2' édit., paj^. 210, note 1. Voir aussi la dissertation de M. Ahrens (.Escliyl., éd. Didol, in\v^. iy:i sq(j.).
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lu'gligei' l'unité d'action. On peut présumer (pril cliercha à y suppléer par une certaine analogie d'impression et de moialilé : une pareille innovation avait fort bien pu séduire ce génie profond et hardi. Si tel fut réellement son dessein, si la trilogie à laquelle appartenait les Perses était autre chose qu'un assemblage incohérent d'ouvrages arbitrairement groupés, et qu'un même esprit en animât toutes les parties, l'idée de la némésis divine était peut-être le lien (pii réunissait en faisceau ces pièces dispaiates. Peutêtre le poëte montrait-il successivement le couiroux des dieux atteignant l'orgueil et l'impiété chez le devin Phinée, privé de la vue en punilion de ses révélations indiscrètes; cliezXerxcs, vaincu à Salamine en expiation de ses sacrilèges; chez Glaucus de Potnies, victime du courroux de Vénus dont il avait méprisé le culte. Enfin la même pensée devait se laisser apercevoir aussi, en dépit d'un mélange de bouffonnerie inséparable du genre, jusque dans le drame satyrique qui complétait la tétralogie, le Proiuclliée allumeur du feu.
Kien n'est plus piopre à confirmer cette conjecture qu'un examen attentif de la nagédie des Perses, la seule partie de cette tétralogie (|ui nous soit parvenue.
Le héros d'Eschyle, c'est ici son auditoire: mais quel art, cpielle réserve délicate dans la louange! ou plutôt, (juelle supériorité de génie
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et d'àme dans l'espèce de délacliemenl religieux par lequel le poète citoyen, dominant son enthousiasme, ne voit plus, dans le grand événement qui a sauvé sa patrie, qu'un motif de plus d'adorer les dieux ! Nulle part il ne se révèle mieux comme l'instituteur du peuple assemblé pour l'écouter. Au lieu de mettre sous les yeux de ses spectateurs ce giand triomphe de la Grèce (|ue beaucoup d'entre eux se rappelaient pour y avoir coopéré, ou du moins les conseils où des prodiges d'éloquence et d'énergie l'avaient préparé, Eschyle, par une admirable inspiration, transporte le lieu de la scène au pays des vaincus, sur cette terre d'Asie, patrie du luxe et de l'orgueil, dans celte cour fastueuse, où lègne la magnificence, et que le deuil va remplir à son tour. Qu'est-ce que la faible Athènes auprès de cet immense empire, où son nom même est à peine connu? C'est qu'Athènes en effet n'est aux yeux du poète que l'instrument des desseins
divins. « C'est une divinité, c'est un dieu
« vengeur, c'est la jalousie des dieux qui a
« tout conduit, {|ui a causé l'irréparable désas- « tre ^ » Ainsi parle le messager chargé de la fatale nouvelle : écoutons maintenant l'ombre de Darius : l'orgueil de Xerxès, sa témérité saciilége l'ont peidu : « Et, dans trois générations, « des monceaux de morts diront encore aux