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« yeux des liomiiies, dans leur muet langage, « (juil ne faut pas qu\m mortel conçoive de « trop hautes pensées '. »
Quel élait le but d'Eschyle, lorsqu'il tirait ainsi la moralité de cette grande catastrophe? A qui destinait-il intérieurement cette leçon qui, dans son drame, est adressée tardivement à l'infortune? Le désastre de Salamine n'avait pas besoin d'un tel commentaire pour faire rentrer en eux-mêmes ceux qu'il avait frappés: un tel avis donné au vaincu par le vainqueur n'eût été qu'une insulte inutile; et le triomphe d'Athènes pouvait se passer du contraste de cette dernière humiliation, infligée à un malheureux doni ses armes l'avaient assez vengée. N'en doutons pas : en parlant ainsi, Eschyle voulait appeler l'attention des vainqueuis eux-mêmes sur les étranges retours de la fortune, et sur les desseins supérieurs qui en règlent les apparents caprices; il voulait les mettre en garde contre un enivrement dont la défaite même de leurs ennemis révélait le péril; il voulait leur inspirer la crainte de ces dieux jaloux qu'ils avaient eus pour protecteurs lorsqu'ils étaient faibles et modestes, et f|u'ils pouvaient s'aliéner à leur tour par l'orgueil joint à la puissance. Son œuvre n'est que la confirmation pai' un exemple, le plus frappant et le plus voisin qu'il put choi-