‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 87 sur 181 · Eschyl., Pcrs., v. 818 sqq · texte numérisé non relu

Eschyl., Pcrs., v. 818 sqq

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sir^, de cette théorie des vicissitudes liumaines, à l'appui de laquelle Hérodote allait bientôt produire en témoignage toute l'hisloire connue de son temps. Quel âge que celui où de pareils enseignements se font écouter de la victoire! où la Muse se sent assez forte et assez respectée pour aimer mieux s'honorer par d'utiles maximes, que d'exciter les applaudissements par de dangereuses flatteiies ! Quelle démocratie, que celle où un peuple, à peine respirant d'un triomphe inespéré, souffre un si austère langage sur la scène consacrée à ses plaisirs!

La représentation des Perses d'Eschyle mérite de faire date dans l'histoire de l'idée àe néniésis : cette journée en est à coup sûr la plus belle. Bien des sciupules tombent, bien des révoltes de la conscience et de la raison se taisent devant ces admiiables fruits d'une erreur, devant cette piété si saine entée sur un grossiei' préjugé. Ce n'est pas seulement le génie d'Eschyle qu'il faut saluer ici, ce génie naturellement religieux à force de profondeur, (jue rien d'humain ne satisfait, et qui va en tout jusqu'au surnaturel, comme à la seule vérité (\in soit digne de lui : une pai't d'hommages revient à ce peuple grec, si ingénieux et si sage, (|ui savait concilier ses \ertus avec des dogmes insensés, et sanctifieison idolâtrie par des sentiments digues d'être offerts sur d'autres autels.

Si Eschyle croit apercevoir le bras de la divinité

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jusque dans les événements qu'il a vus el auxquels il a contrii)ué lui-même, à plus forte raison est-il préoccupé tle la même pensée dans la mise en œuvie de ces anlicpies fables que le Cycle offrait en foule à la scène. C'est ce (jui se montre avec éclat dans la seule trilogie que le temps ait épargnée. La puisssance des Impiécations ', ces vieilles déesses si redoutées déjà des héros d'Homère, leur abdication volontaire en faveur d'une justice plus clémente et plus éclairée, la justice des hommes, qui peut se tromper, mais qui raisonne et qui sait pardonner, tels sont les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire, uîi la foi s'allie à une singulière hardiesse. Toutefois la première des trois parties qui la composent, Agamemnoii, relève à peu près exclusivement de la croyance populaire, et intéresse tout particulièrement notre sujet. La némcsis, en effet, est bien le ressort mystérieux qui pousse Clytemnestre à l'assassinat : autrement, que signifieraient ces chants si prolongés du chœur, en l'honneur de la modération et de la médiocrité^? celte explication nouvelle des revers de fortune, qui les impute, contre l'opinion la plus ancienne, non à l'excès de la prospérité, mais aux dérèglements de l'orgueil '? Que voudraient dire la brusqueiic défiante avec laquelle Agamemnon repousse les menteuses protestations

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