Theognis, V. il
la vanité humaine ^. « La mesure, » disait-il, « est en tout ce qu'il y a de meilleur^. »
Opposant sans cesse dans ses discours l'excès à la sagesse ^, il donnait à entendre par là que la sagesse consiste seulement dans la fuite de l'excès, et qu'elle a pour objet unique de prévenir tout ce que Némésis a mission de châtier ^. De même qu'il imputait à l'excès tous les vices, il ramenait à la sagesse toutes les vertus obligatoires ^. Maintenir son âme dans son assiette, éviter toutes les affections immodérées^, toutes les sensations trop vives, qui déconcertent l'harmonie et le rhythme prescrits à nos pensées comme à nos démarches 7, cela se nomme indifféremment, disait-il, ou tempérance ou sa-
1 . A Olympie, un athlète n'avait droit à une statue qui reproduisît ses traits qu'après avoir été couronné trois fois (Plin., Hist. Nat., XXXIV, 9) ; et celle qu'il se faisait ériger alors ne pouvait dépasser la grandeur naturelle. Le triomphateur qui avait enfreint la règle en ce dernier point voyait renverser, par ordre des Hellanodices, le monument de sa victoire (Lucian., Pro Imagg., cap. 11). Selon O. Millier ( Archseologie der Kunst, § 87 ), dans la deuxième période de l'art grec (de 580 à 460 av. J.-C), l'érection d'une statue en l'honneur d'un homme autre qu'un athlète couronné aux jeux Olympiques était encore une distinction toute spéciale,
2. Ilâv (xsTpov àpio-Tov (Cleobul. ap. Stob., Floril., tom. IV, p. 297, édit. Teubner).
3. Theognis, v. 379; Xenoph., Gyrop., VIII, 1, 30; id., ib., 4, 14; id., Agesil., X, 2.
4. A considérer 6É[ji.k; ou (xoïpa comme une loi, awapoffùvïi en est le respect; ûgpiç, l'infraction; véfxso-tç, la sanction.