Plat., Tim., 47 D
gesse ^ . Rester à la place qui nous est assignée ici-bas, ne pas contrevenir aux lois de la nature, garder la conscience de notre humanité, adorer dans les dieux un pouvoir qui dépasse infiniment le nôtre, et dont l'assistance nous est indispensable, c'est encore la sagesse sous le nom de piété ^. Enfin, respecter les barrières que la loi tant divine qu'humaine élève entre notre droit et le droit des autres,- voir en eux des semblables et des égaux, en tant qu'assujet^ tis, ni plus ni moins que nous-mêmes, à la nécessité de la mort et aux chances contraires de la fortune 3, obéir aux lois et à leurs gardiens, user nous-mêmes avec modération de la part d'autorité qui peut nous être dévolue, tout cela rentre dans la justice ou s'y rattache : et la justice n'est elle-même qu'une troisième forme de la sagesse 4.
Père de famille, il s'occupait avec un soin particulier de faire régner ces idées dans sa maison. Car, bien qu'il regardât la sagesse comme uni-
1. Xeuoph., Mem., IV, 5, 7; cf. Plat., Phxdr., 237 E; Tragic. fragm., Anonyni. fragm., CLXVI, éd. Didot; Plat., Repub., 389 D et 430 E; Arist., Ethic. Nicom., II, 7, 3; ib. IV, 10, ib., ib., 11 (5 et 8).
2. V. Xenoph., Memorab., IV, 3, 2 ; Soph., Aj., v. 132 ; cf. jEsch., Pers., V. 808.
3. V. Herodot., I, 86; Eurip. ap. Stob., Floril., V, 17. Cf. Lucian., Imagg., 21.
4. V. Theogn., v. 377; Demosth., Olynth.^ II, 18 ; cf. Plat., Legg., 691 C; Archiloch. ap. Stob., ËcL, I, pag. 124, éd. Heeren; Plat., Repub., 389 D et 432.
J76 L'IDEK DE îsÉMÉSIS
vei'sellemeiîl et absolimienl nécessaire, il lui attribuait pourtant une relation spéciale à la nature de la femme et à l'âge de l'enfant *. Selon lui, toute l'éducation devait tendre à inculquer cette vertu fondamentale, que d'ailleurs il faisait consister principalement, pour le premier âge, dans l'obéissance et le respect des parents^. En ce qui concerne les femmes, il la réduisait à l'observation de cinq préceptes, dont le premier, qui dominait tous les autres, regardait la chasteté, le second, la décence et la simplicité de la toilette, le troisième, les sorties hors de la maison conjugale; le quatrième interdisait d'y célébrer les mystères de la Mère des dieux et de Bacchus; le cinquième prescrivait l'économie dans les sacrifices^. A. l'occasion, il en ajoutait un sixième emprunté à ce vers d'Euripide* :
« Ce qu'il y a de plus beau pour une femme, « c'est de so laire, d'être sage, et de rester tran- « quille au logis. »
Telle était sa morale : en l'appelant morale grecque^ il eût cru, quant à lui, la définir assez. Il considérait le culte mental de Némésis, et les dieux jaloux eux-mêmes^, comme inconnus outre-mer, et la sagesse, comme un fruit de son
1. V. ïaiïiblkh., Pythag. Y., VIII, 41. Cf. Hyperid., Orat. funéb., cd. Ciibtt, lin. 41; Aristoph., N%ib., v. 961 sqq.
2. Sopliocl. ap. Stob., Florileg., XUll, 11; Plat., Legg., 717 D.