‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 119 sur 180 · Cic, De Nat. Deor., I, il · texte numérisé non relu

Cic, De Nat. Deor., I, il

la nature, ni par conséquent de la divinité, mais d'une loi distincte de l'une et de l'autre, à savoir la nécessité ^. C'est dire que ces pythagoriciens, ainsi que la plupart des physiciens d'Ionie, se dispensaient d'expliquer l'existence du mal.

La secte pythagoricienne ne refusait pas d'ailleurs, on l'a vu, de reconnaître le mal pour ce qu'il est, ni de lui attribuer ici-bas la place qui lui appartient. En effet, les philosophes de cette école se proposaient, non-seulement, comme ceux d'Ionie, de remonter au principe des choses, mais encore de rendre compte par les nombres de toute réalité. Ils prétendaient y réussir au moyen d'une liste de contraires qui portait en tête , d'une part l'unité , de l'autre la pluralité. Le bien et le mal y figuraient; et Aristote en fait même lés caractères essentiels des deux séries opposées que comprenait cette énuraération=*. Les pythagoriciens n'éliminaient donc point le mal de leurs spéculations : ils savaient embrasser par la raison l'unité où tout se perd, se confond et s'efface; mais ils ne fermaient pas les yeux aux contradictions que l'esprit aperçoit tout d'abord dans les choses. De là ce dualisme, qui n'expliquait rien sans doute, si ce n'est aux yeux de ses auteurs, mais

1. Philol. ap. Stob., Ed., I, p. 458 ; Diog. La., VIII, 85 (ap. Preller, D. 106). Cf. Herm, ap. Stob., Ed., I, pagg. 1072, 1073.

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