‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 129 sur 180 · V. Plat., Eutliyphr., 5D, éd. Stallb. — 2. Ib,, 6 E · texte numérisé non relu

V. Plat., Eutliyphr., 5D, éd. Stallb. — 2. Ib,, 6 E

un vrai scepticisme moral. A cette loi prétendue, il oppose la loi gravée dans la conscience humaine, et dont le nom est justice : c'est à elle qu'il appartient de diriger la conduite de l'homme, à qui elle se révèle immédiatement : et, loin qu'elle ne soit elle-même qu'un article de la loi surnaturelle invoquée par Euthyphron, c'est d'elle que la piété dérive, comme les autres obligations de l'homme ^. Telle n'est pas, il est vrai, la conclusion dernière du dialogue, qui en manque, à proprement parler, comme plusieurs autres ouvrages de Platon ; et nous ne le regrettons pas pour notre part : car la justice et la piété sont deux choses distinctes qui ne se confondent pas plus qu'elles ne s'opposent ; et il ne peut y avoir que beaucoup de danger et peu de profit à réduire la liste des vertus. Il est donc difficile de découvrir dans XEuthyphron la véritable pensée de Socrate. Mais les incertitudes mêmes et les contradictions, à travers lesquelles se laisse égarer son faible interlocuteur, prouvent assez ce que le grand moraliste veut surtout établir, combien il est périlleux de prescrire à la conduite humaine une autre loi que la loi morale, ou de subordonner cette loi à une autre qui n'a ni la niême notoriété, ni, par conséquent^ la même autorité. Ainsi, soustraire d'une part la loi morale à l'arbitraire des décrets cé-

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