V. Plat, Euthyphron D
214 r.A QUESTION DU MAL
lestes, l'assurer par là contre les caprices et les erreurs d'une théologie absurde et mal fixée, et, d'autre part, restituer à la nature divine sa pureté en ôtant de sa dépendance le bien pour le faire passer dans son essence, tel paraît avoir été le but principal de Socrate dans ses attaques contre la mauvaise religion de son temps.
Platon vient de nous montrer Socrate aux prises avec un défenseur de la théologie anthropomorphite : Xénophon le met de préférence en face des esprits forts et des indifférents. Une fausse théologie a pour effet inévitable d'amener à sa suite l'incrédulité : les conversations religieuses rapportées par Xénophon ont cela d'intéressant d'abord, qu'elles nous font voir sous un jour tout nouveau cette société qui souffrait dans son sein une si terrible orthodoxie, ensuite, qu'elles nous représentent Socrate occupé, non plus à réfuter des erreurs, mais à établir des vérités, et à ramener à la religion ceux qu'en avait dégoûtés la superstition régnante.
L'originalité de la religion socratique paraît déjà dans l'entretien avec Aristodème ^. La religion nationale prêtait aux dieux des sentiments de rivalité contre les hommes : il suffit à Socrate de considérer l'univers pour y reconnaître nonseulement la main d'un artiste habile, dont la sagesse ^ y a établi l'ordre, mais encore celle