Plat., Pheedr., 247 A. Cf. Theast., 151 C
2, Plat, Tim., 29 E. Cf. id., Epinom. 988 B. De ce dernier passage, oîi est réfuté le préjugé qui faisait de la science un des objets de la jalousie divine, on peut rapprocher le discours prêté à Momus dans un fragment hermétique évidemment empreint de platonisme, et où la croyance populaire est exposée néanmoins avec beaucoup de force et de clarté. (Hermès ap. Stob., Eclog. phijsic, pagg. 962 sqq., édit. Heeren.)
jDopulaire l'idée de Socrate, ou plutôt la doctrine qui en découle : -< Il était bon ; et celui qui est « bon ne peut jamais à aucun sujet concevoir « aucune jalousie. Etant sans jalousie, il voulut « que tout fût le plus possible semblable à lui- « même. Tel est le vrai principe de la génération « et du monde, selon des sages que l'on fera bien « d'en croire. Dieu donc, voulant que tout fut « bon, et que rien ne fût mauvais autant que (( cela est possible, et trouvant toutes les choses « visibles dans une agitation sans règle et sans « loi, les fît passer du désordre à l'ordre, parce « qu'il pensait que l'ordre est absolument meil- « leur. Or l'être souverainement bon n'a pu et (( ne peut rien faire qui ne soit beau par-dessus « tout : il réfléchit donc et jugea que les choses « visibles ne pourraient jamais fournir la matière '( d'un ouvrage plus beau sans intelligence que « n'est l'être intelligent; et que f intelligence, « d'autre part, né saurait exister sans âme. En (c conséquence, plaçant l'intelligence dans l'âme, « l'âme dans le corps, il organisa l'univers de « manière qu'il fût, par sa constitution même,
Remarquons, par manière d'acquit, que Platon lui-même fait invoquer ' une fois Adrastée par Socrate {Repub., 451 A.); qu'il parle ailleurs (Phaedr., 248 C) d'une certaine loi d' Adrastée, dont il sera question plus loin ; que le discours d'Aristophane, dans le Banquet, renferme une allusion à la jalousie des dieux {Sympos., 190 C; cf. Legg., 801 E), et celai d'Agathon, dans le même dialogue ( 195 A), une mention de la némésis. Voir encore Phasdr., 95 B, et Legg., 717 C, passage où Platon fait de Némésis la messagère de Dicé , et la vengeresse des parents outragés par l'irrévérence de leurs enfants. »
« le plus beau et le meilleur des ouvrages. » Les sages auxquels Platon renvoie l'honneur de cette belle théorie, avec une franchise qui aurait dû le sauver de l'imputation diffamatoire dirigée contre lui par Timon, ne peuvent guère être que ces pythagoriciens auxquels nous avons rattaché plus haut le maître même de Pylhagore, Phérécyde. On retrouve en effet ici, outre la hauteur de vues qui était propre à cette école, outre une doctrine qu'elle a certainement professée, une erieur qu'elle fut peut-être la première à répandre dans la Grèce. Cette hypothèse d'un chaos primitif, cette distinction entre les lois de la nature et les volontés du Dieu qui l'organise, double méprise, qui a pour effet de réduire le rôle de la Providence à une sorte d'intervention, et de faire des causes finales un simple amendement à la rigueur des lois primitives, constituent un véritable dualisme qui nuit à la pureté de l'optimisme platonicien. Ce dualisme même, comme on peut le voir dans le Timée et dans le mythe du Politique % n'est point accessoire dans le système de Platon , qui paraît, au moins dans ces deux dialogues, l'avoir cru nécessaire à la confirmation du dogme de la Providence. Que le Démiurge, en qui sont réunies toute la justice et toute la bonté imaginables, ait laissé échapper de ses mains une œuvre impar-