Plat,, Kepubl., 38c
dieux, innocents de tous maux, comptent pourtant la fonction de punir parmi leurs attributions? Cette objection ne trouve point Platon au dépourvu : il est prêt à y opposer sa tbéoiie du Gorgias^ cette étonnante et profonde conception qui fait de l'expiation un bien pour le coupable. Il est prêt même à soutenir qu'il n'y a qu'un mal pour l'homme, à savoir le vice ^ : exagération d'autant moins excusable chez lui, qu'il voit dans le vice une aberration involontaire ^, et qu'ainsi cette fausse définition, qui semble réserver à l'homme toute la responsabilité de ses maux, aboutit au contraireàTen décharger. L'union des âmes au corps, une tentation quelquefois irrésistible, qui ressemble trop à VJ/é de la théologie homérique, enfin et surtout l'ignorance, tels paraissent être pour Platon les principes de nos fautes ^. Mais d'où vient l'ignorance, et quelles sont les causes de nos erreurs? La solution platonicienne de la question du mal exigeait ce complément : cependant le Théétète même nous le fait espérer plutôt qu'il ne nous le donne 4 : et ainsi le dernier mot de l'optimisme restait à dire après Platon, après le philosophe qui, dans sa République, avait représenté l'idée du bien comme l'idée des idées, le soleil du monde des