‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 137 sur 180 · Arist., Metaphtjs., A · texte numérisé non relu

Arist., Metaphtjs., A

consulter Aristote sur le point imparfailement éclairci par ses devanciers.

« Nul n'est méchant volontairement, «avait dit Platon. Cette méprise capitale pouvait avoir des conséquences fâcheuses pour le dogme si bien établi par Platon lui-même : car on pouvait •en conclure que, si l'homme pèche, c'est que les dieux l'y forcent, soit en abusant son esprit, soit en lui inspirant des passions insurmontables. Aiistote ramena le mal moral a sa véritable origine, en le déclarant imputable à l'homme seul ^ ; et, par là, il sut préserver son Dieu insensible du soupçon qu'une théorie morale imparfaite faisait peser sur le Dieu bon de la théodicée platonicienne.

Ainsi s'achève chez Aristote ce qu'on peut appeler la justification de la providence. Entièrement méconnu par la religion grecque, professé par une partie des pythagoriciens, défendu et piopagé par Socrate , adopté par Platon , rejeté ensuite par Aristote, le dogme de la bonté divine ne trouva pourtant que dans la morale de ce dernier son indispensable complément.

Dès lors, l'ancienne superstition, bannie à jamais de l'enseignement des philosophes et de la croyance des esprits réfléchis , ne subsiste plus que grâce à son étroite liaison avec les autres

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