Ethic. Nicomach.i III
cliitîièies de l'anthropomorphisme, et à la force de la tradition.
Tel ne fut pas le sort de la belle idée morale que la foi populaire avait rattachée de bonne heure à ce préjugé. Avec Aristote, la philosophie même se l'approprie et la prend sous son patronage. C'est elle qu'on retrouve, en effet, dans la théorie célèbre qui place toutes les vertus entre deux extrêmes % théorie oii il est facile de reconnaître, sous une forme scientifique, le proverbe qui recommandait la modération en toutes choses. Entièrement fondée sur l'opposition de la mesure et de l'excès, la morale péripatéticienne n'est autre chose, en dernière analyse , que la morale grecque elle-même. Essaye-t-on de rapporter à un principe unique la conduite de l'homme vertueux tel que le conçoit Aristote : on n'en trouve pas d'autre que celui dont l'enseignement religieux nous a paru tout pénétré; sagesse^ est encore le nom qui s'y applique le mieux ; et ainsi Aristote, en corrigeant la morale défectueuse de Platon , ou plutôt , en revenant pour son compte sur cette partie de la philosophie, incomplètement approfondie par son maître, ne fait que retourner à la tradition nationale, et qu'organiser en système des préceptes déjà familiers à Homère. Cette antique morale