Lib. XLVITI, vv, 375 sqq
• longtemps : Némésis, transpoitée à Rome, y fut désignée habituellement par un nom d'emprunt, celui de la Fortune, et conserva le sien chez les écrivains, faute ^ d'un mot latin qui en rendît exactement la signification. Catulle, Tite-Live, Virgile, Ovide, Quinte-Curce, Martial, Claudien, Ausone, font mention ^, soit de la jalousie divine, soit de INémésis elle-même, sans attacher, on peut le croire, beaucoup plus d'importance à ces réminiscences qu'un poëte français du dixseptième siècle aux noms d'Apollon et des Muses. Nous savons pourtant que Caligula, fidèle en cela à l'exemple d'Auguste qui mendiait à un certain jour de l'année, sans doute pour conjurer les retours de la fortune^, fit la folie, entre tant d'autres, d'offrir un sacrifice à la Jalousie 'i. INémésis avait même une statue au Capitole. Mais, dans cette altière et inexpugnable citadelle d'une domination qui semblait défier ses coups, au milieu d'un peuple qui ne comprenait pas son nom et n'avait pas appris à connaître son pou-
1. Latiae Nemesis non cognita linguse (Ausou., Mosell., v. 379), Cf. Plin., Hist. natur., XI, 45 ; XXVIII, 5.
2. Catull., L, V. 19; LXVI, 71 ; LXIV, 396 (où la déesse de Rhamnunte est réunie à Mars et à Pallas, comme animant les armées dans les combats). — Tit.-Liv., V, 21 ; cf. X, 13. — Virgil., JÇw., XI, 270 ; Cir.,v. 228. — Ovid., Metamorph., III, 406; XIV, 694; Trist., Y, 8, 9. Cf. Pontic, II, 8, 57. — Quint. Curt., lib. VI, cap. 2. —Martial., V, 6; X, 53.— Claudian., XXVI, 631. — Aason., Mosell., v. 379; Epist. ad S. Paulin., y. 56 ; Protreptic, v. 86.
3. V. Sueton., Aug., 91, éd. Lemaire, cum not. ; Dion. Cass , LIV, pag. 546 A, edit. Hanov., 1606.