II. Sur la Némésis de Rhamnu]Nt:e, (V. pp. 36 et
On a retrouvé à Rhamnunte les restes de deux temples, qui paraissent avoir servi l'un et l'autre au culte de Némésis. Un siège placé à l'entrée du plus petit des deux est consacré à cette divinité^; quant au plus grand, sa gran-
1. De l'autre côté est un second siège consacré à Thémis par une inscription datée, d'ailleurs, d'un autre nom de prêtresse (voir Bœckh, Corp. inscript. Grsec, tom. I, p. 462). Thémis et Némésis peuvent être considérées comme des personnifications corrélatives. OO ôejaiç, chez Homère et partout, est exactement le contraire, quant au sens, de l'expression où véjxeciç (voyez, par exemple, Theogn., v. 688; Eurip., HippoL, vv. 1396, 1437; Plat., Sijmpos., 195 A : El ôéfxii; -/tai àvsjxé- (Tvi-cov eîneïv). Quant à la déesse Thémis, si, chez Homère, elle ne joue guère que le rôle d'un héraut céleste; si, pour Hésiode {Theogon., V. 901 sqq.), elle paraît être avant tout la législatrice de l'humanité ; si enfin, dans l'hymne orphique qui lui est consacré {Orphie, LXXIX), elle est donnée particulièrement pour la fondatrice des institutions religieuses, des oracles, des mystères, chez Pindare, elle se rapproche de Némésis, d'ahord comme dépositaire des destinées {Jsthm., VllI, 66),
deur même et sa beauté ^ ne permettent pas d'y voir un monument inconnu à l'histoire =^, plutôt que ce temple de Némésis dont les Anciens font si souvent mention. Ces deux édifices paraissent donc avoir eu la même destination : et comme le plus grand est évidemment beaucoup moins ancien que l'autre, il est probable qu'il fut construit pour le remplacer.
Or, vers le commencement de la période dont le style se reconnaît dans l'aspect général ^ de ce grand temple, le dernier en date, plusieurs sanctuaires, livrés sans défense à la fureur d'un peuple iconoclaste 'î, avaient jonché de leurs débris le sol de l'Attique. Les Athéniens, comptant sur le spectacle de ces dévastations pour entretenir leur ressentiment, les avaient laissés en ruines^ et s'étaient mis ainsi dans l'obligation
puis, ea second lieu, comme déesse de l'équité, comme mère de Dicé {Olymp., nr, lO; vin, 20). on a vu plus haut (n° I du présent appendice) quelle fonction , voisine de celles de Wémésis , lui assigne l'antique légende relative au sanctuaire de Delphes. Enfin Hésychius, au mot 'Ayaô/; xuxy], assimile la Bonne Fortune à la fois à Némésis et à Thémis.
1. Antiquités inédites de l'Attique, traduct. Hittorf, chap. VI.
2. Le temple d'Amphiaraiis dont Pomponius Mêla fait mention, comme d'un autre titre de Rhamnunte à la célébrité (II, 3), est sans doute le même que des auteurs mieux informés placent à Psophis, sur le territoire d'Orope ( Strab., 399; Pausan., I, 34, 2 ).
3. Otfried Millier juge, à certaines traces d'un style relativement récent, que ce temple, commencé sans doute au siècle de Périclès, ne fut achevé que plus tard (Archasol. d. Kunst, § 109, note 6).
4. Sauf les réserves apportées à l'opinion, peut-être trop absolue, de Creuzer, par son éminent interprète {Religions de V antiquité, tom. I, F^ partie, pag. 716 sqq.)-