Pausan., X
d'en bâtir d'autres. On rapporte donc, non sans vraisemblance, à l'invasion des Perses, la destruction du plus petit des deux temples , et aux années qui suivirent cette invasion, la construction du plus grand ^.
L'histoire d'un bloc de marbre apporté de Paros parles Perses, et devenu, sous le ciseau d'un artiste grec, la fameuse Némésis de Rhamnunte, a tout l'air d'une fable ingénieuse, n'en déplaise a Pausanias ^ : et c'est sans doute dans ï Anthologie, où elle se trouve aussi ^, qu'il faut en chercher la source, sans remonter plus haut. Ce qu'une telle anecdote a de romanesque frappe tout le monde ; Zoega 4 a relevé ce qu'elle a d'invraisemblable ; Hérodote, qui n'aurait pas manqué d'en tirer parti, s'il l'avait connue, n'en dit
1. Tout ce qui est dit ici des deux temples de Rhamnunte est emprunté à l'ouvrage anglais dont nous devons une édition française à M. Hittorf (^AnUquités inédites de l'Attique, chap. VI et "VII; cf. Otf. Millier, Archœol. d. Eunst, § 53, fin de note; § 109, note 6). — Ce qui confirme encore l'attribution du grand temple à Némésis, c'est la découverte, faite dans ses ruines, d'une tête qui paraît provenir de la statue décrite par Pausanias, et sur laquelle on croit reconnaître, à une rangée de trous, la place du diadème dont cet auteur l'avait vue couronnée. La statue de six pieds de haut, retrouvée près de la porte du petit temple, est trop mutilée pour conserver quoi que ce soit d'intéressant ; mais le style en paraît ancien : ce qui corrobore l'opinion reproduite ici (voir Antiquités iyiéd., Ib.).