Strab*, pag. 390. — 2. Plin. Maj., loc. cit
mis au concours une statue de Némésis, deux élèves de Phidias, Alcamène et àgoracrite, s'étaient disputé le prix ; que la partialité des juges en faveur d'Àlcamène, comme eux Athénien, avait fait donner la préférence à son œuvre, quoiqu'elle fût inférieure à celle de son rival ; qu'Agoracrite, indigné de cette injustice, vendit alors sa statue avec la réserve expresse qu'Athènes en serait dépossédée ; qu'il lui donna le nom de Némésis, et qu'elle fut érigée comme telle dans le sanctuaire de Rhamnunte. Telle est l'anecdote rapportée par Pline'; et rien ne nous empêche d'y ajouter foi. Ce n'est point là un de ces récits vagues et romanesques comme celui de Pausanias : le nom d'Alcamène est historique; c'était celui d'un sculpteur contemporain, sinon élève, de Phidias, auteur d'une statue de Vénus qui décorait les Jardins d'Athènes^. D'ailleurs, comme le fait très-bien observer Welcker^,si Pline parait insinuer qu'Agoracrite, en appelant sa Vénus Némésis, avait voulu marquer ainsi son juste ressentiment, c'est là un de ces commentaires qui se mêlent fréquemment aux témoignages historiques, et que la critique doit savoir en distinguer. Les Rhamnusiens avaient besoin d'une statue : Agoracrite leur vendit la sienne, qui était désormais sans em-