‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 169 sur 180 · Pausan., I · texte numérisé non relu

Pausan., I

2. Id., ib. — Il réfute pourtant ceux qui voulaient que l'artiste eût fait allusion à la position géographique de l'Ethiopie, voisine, disaientils, de l'Océan (Hora., Iliad., 1, 423 ), dont la Némésis adorée à Rhamnunte passait pour être la fille. L'artiste avait-il eu en vue l'épithète homérique aiJ.ijp.ovs; ? Ce mot même peut s'entendre soit des qualités morales, soit de la beauté pliysique. Les Éthiopiens étant en effet renommés pour leur beauté (voir Hérodote, III, 20), Agoracrite avait pu représenter des hommes de cette nation sur la coupe de Vénus. S'ils

qu'un des plus anciens attributs de Vénus ^; la branche de pommier paraît remplacer ici la pomme qu'on lui voit souvent dans la main=*; et quant à la coupe, elle ne messied pas à la déesse souriante et voluptueuse que l'imagination populaire substitua de bonne heure à la sévère Aphrodite de la religion primitive^. De même, les Victoires qui ornaient le diadème rappellent un des surnoms de Vénus : ces figures avaient pu d'ailleurs, ainsi que les cerfs, être ajoutées après coup par l'artiste, en vue de la destination nouvelle assignée à son œuvre 4. Il faut en dire autant des reliefs du piédestal, qui représentaient Hélène amenée parLéda, sa nourrice, à Némésis, sa mère ^ : car la statue d'Agoracrite pouvait avoir été livrée à ses acquéreurs sans le piédestal qui devait la supporter. Enfin la légende rapportée par Pausanias s'accorde avec sa description. La déesse de Rhamnunte était, disait-on, fille de l'Océan ^. Bien que l'O-

avaient en même temps une réputation populaire de justice et de piété, il a pu, pour aider à la métamorphose de sa Vénus en Némésis, chercher à rappeler, par quelques traits ajoutés après coup, les vertus d'un peuple qui vivait, comme les Hyperboréens de Pindare, à l'abri des rigueurs de Némésis, ou qui, encore, avait donné asile à cette autre Némésis, compagne de la Pudeur, dont parle Hésiode.

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