DES NEMESIS DE SMYRNE
parfois se donnant la main, les divinités protectrices des deuK cités contractantes.
On peut choisir entre cette conjecture et les suivantes. L'opinion de Welcker, rapportée et approuvée par Manso % est qu'il faut voir dans l'une des Némésis smyrniotes la Punition du méchant, dans l'autre la Récompense du juste. Cette explication est difficile à admettre : car l'idée attachée par l'antiquité vraiment classique au nom de Némésis est incompatible avec celle de rémunération. D'autres^ ont rapproché des Némésis de Smyrne les deux Fortunes d'Antium ^. L'analogie est en effet séduisante. Pausanias * avait vu à Smyrne, dans le temple des Némésis, des Grâces d'or, ouvrage du sculpteur Bupalus qu'on fait fleurir vers la 60^ olympiade ^. Ces Grâces pouvaient bien n'être que les témoignages allégoriques de la reconnaissance d'une personne que la Fortune avait favorisée. Néanmoins, il ne paraît pas que les Smyrniotes aient identifié dès lors Némésis et la Fortune : car nous savons que le même sculpteur avait fait pour eux une statue qui représentait cette dernière divinité ^ : et d'ailleurs la confusion qu'on allègue paraît
i. Manso, Vermischte Abhandlungen, pag. 182, note.
2. V. Bœttiger, Opuscull. Ldtt., pag. 205, note. . 3. V. Macrob., Satumal., I, 23; G. Mûller, Benkm. d. ait. Ennst., II, figg. 937, 938.