‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 177 sur 180 · ENTRETIEN DE CRESUS ET DE SOLON · texte numérisé non relu

ENTRETIEN DE CRESUS ET DE SOLON

de ses œuvres, pénétré de l'idée de la jalousie divine comme le Solon d'Hérodote. Mais il n'en est rien. On voit bien qu'il prescrivait d'honorer Dieu^; que le précepte Rien de trop lui était quelquefois attribué^; qu'il représentait la satiété engendrée par l'excès des richesses, comme donnant naissance à cette espèce d'orgueil injuste, impie et téméraire^ qui, selon les Grecs, excitait par-dessus tout la colère des Immortels. Mais qu'il ait cru la divinité malveillante ou jalouse à l'égard des hommes, c'est ce que rien n'autorise à prétendre ou à supposer, pas même l'état contemporain des croyances, qui, d'ailleurs, ne furent jamais unanimes sur ce point. Solon proclame l'existence d'une nécessité absolue, implacable, à laquelle l'homme ne peut se soustraire ^. Mais à ses yeux celte nécessité est avant tout celle du châtiment^. Voilà ce qu'il appelle la destinée, ou la destinée des dieux, par un emploi détourné, mais déjà consacré, du mot ^. D'ailleurs, pas plus qu'Homère, il ne nie la liberté humaine : il pense comme lui que les hommes sont auteurs d'une partie de leurs maux; comme lui, il leur reproche d'imputer aux dieux les infortunes qu'ils se sont attirées

1. Dicta Sept. Sapient., ap. Stob., Floril., éd. Teubner, tom. IV, pag. 296.

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