‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 18 sur 180 · OcL. XXII, 287. Cf. Ib., VI · texte numérisé non relu

OcL. XXII, 287. Cf. Ib., VI

2(i LA NATURE DIVINE

lui font, pour traduire une expression grecque ^ : « Mère, :» dit Callidice à Cérès affligée, qu'elle ])rend pour une simple femme, « il faut que «,les mortels se résignent aux présents des dieux, « fût-ce par force et à contre-cœur; car ils sont « bien plus puissants que nous, »

Plus puissants, ce n'est rien encore : si les dieux d'Homère n'étaient que puissants, ils inspireraient le respect plutôt encore que la crainte ; le sentiment religieux resterait incomplet, il ne serait pas faussé. Mais ces dieux n'aiment pas les lionnnes : de telle sorte que, sans a\oir rien à redouter de leur justice, on se croit néanmoins exposé à leur haine. Lorsqu'ils se montrent sur la terre, leur apparition effraye tout d'abord ceux

» qui en sont témoins. Ecoutons Télémaque, lorsqu'il revoit Uh^sse que Minerve vient de transfigurer^ : « Plus de doute, » s'écrie-t-il, « tu es H un dieu, un habitant du vaste ciel : ali 1 sois- « nous propice , afin que nous t'offrions d'a- « gréables sacrifices et de beaux ouvrages d'or : « mais daigne nous épargner ! » Qu'a donc à craindre Télémaque ? ce qui menace tout mortel, même innocent : le courroux tout-puissant d'une divinité ombrageuse qu'on peut offenser

" à chaque instant sans y prendre garde. C'est pour échapper à un tel danger qu'il transige,

1. Hi/mn. Homer. in Cerer., \. 147. Cf. Hes., 0pp. et Bel. , v. 716; Gnomic. Grssc, éd. Tauchnilz : Sol., V, v. 64; Theogn., v. 444.

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