Hesiof]., Scut. Hercul., v
;5. n , vil, 440 sqq.; XII, ?> sqq.
30 lA NEMESIS.
qu'à un des bous instincts de notre nature : je veux parler de ce qu'Homère et Hésiode appellent d'un nom intraduisible : la némésis.
(]liez l'homme , la némésis peut être définie le sentiment de la désapprobation à tous les degrés, depuis l'indignation excitée par le crime jusqu'au secret murmure de défaveur par lequel nous blâmons intérieurement les fautes légères. On s'y expose également en contrevenant aux règles du devoir^, ou à celles de la bienséance ^, en manquant aux égards réclamés par l'âge, le rang, le malheur, l'hospitalité, les titres de père et de mère ^ ^ comme en s'écartant, par des paroles présomptueuses, de la condescendance due à i'amour-propre de ceux dont on est écouté '^. Tout excès, toute disproportion, toute irrégularité lui donne l'éveil. A la vue d'une infortune imméritée, sentons-nous notre cœur se serrer? Le triomphe des méchants nous révolte-t-il comme un spectacle scandaleux ?
C'est l'effet de la némésis, qui proteste en nous contre l'iniquité de la fortune ou des hommes^. La némésis est donc essentiellement un sentiment moral. D'ailleurs elle peut accessoirement
t. Ilïad.,yA\\, 119; Odijsa., II, 239.